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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:31

Sergei Chepik (né à Kiev le 24 juin 1953 et mort à Paris le vendredi 18 novembre 2011) est un artiste-peintre russe naturalisé français formé à l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. Son œuvre est diverse : passé tourmenté de la Russie (La Russie crucifiée, 1999), œuvres religieuses (La Passion du Christ 1989), thèmes du cirque, de la boxe, de la tauromachie...)

Cette diversité se reflète également dans les formes que prend son œuvre : technique mixte, aquarelle, céramique, monotype, sculpture sur bois...Sergei Chepik Website Home Page

 

En 2002, les responsables de la cathédrale Saint Paul de Londres passe commande à Sergei Chepik d'un projet monumental. Deux ans plus tard, l'artiste a achévé son travail... son chef-d'œuvre !

chepik-the_nativity2.jpg

            La Sainte Vierge (ou la Nativité)

 Chepik-resurrection.jpg                      La Résurrection

 chepik_la-vie-publique-de-notre-seigneur.jpg

               La vie publique de Notre Seigneur

 chepik La-Passion-de-Notre-Seigneur

                          La Passion

 

Cliquez sur les titres pour agrandir

 

Entretient accordé par l'artiste, sur l'achèvement des quatres toiles pour la cathédrale Saint Paul's :

Marie-Aude Albert : Quand aujourd’hui ce travail colossal pour Saint-Paul’s, qui aura duré 2 ans, est enfin achevé, qu’éprouves-tu ?

Sergei Chepik : D’abord, bien sûr et c’est bien normal, je suis heureux que tout soit fini, je suis aussi très très fatigué, et enfin, paradoxalement, je regrette aussi que ce soit déjà fini ! Je veux dire que le processus même du travail, jour après jour, m’apportait beaucoup de joie.

MAA : Et qu’éprouvais-tu, si tu te souviens, le jour où tu as commencé ce travail ?

SC : D’abord, je ne croyais pas vraiment, pas du tout même, en mes propres forces ; une fois assemblé le premier grand châssis dans l’atelier, je l’ai contemplé avec effroi, comme une montagne gigantesque que j’allais devoir escalader : c’était ma première expérience de travail à une si grande échelle ! Et je ne parle même pas de la responsabilité qui s’abattait sur mes épaules en raison du thème même que j’allais traiter, du lieu auquel ce travail était destiné, des personnes qui me l’avaient commandé… non, je parle d’abord de ce châssis colossal qui m’intimidait et qui, en même temps, m’attirait, car toute ma vie j’avais rêvé de peindre quelque chose d’immense. Je pensais toujours à Titien, au Tintoret en me disant qu’ils avaient eu dans leur vie la chance formidable de pouvoir s’exprimer dans de très grands formats. Combien de fois, en peignant une toile, ai-je éprouvé un sentiment de frustration, comprenant que le sujet que je traitais demandait un format 2 ou 3 fois plus grand que celui sur lequel je travaillais. Car aujourd’hui un peintre est lié aux conditions du marché, de la galerie où il expose, des appartements où ses toiles seront accrochées, tout doit être aujourd’hui petit, notre monde est petit, nos passions sont petites, tout doit être « intime », alors que l’artiste rêve de peindre des toiles immenses. Enfin, la première réaction de peur passée, j’ai éprouvé un immense bonheur à l’idée de pouvoir me réaliser dans des toiles de très grande dimension où les personnages sont presque à taille humaine !

MAA : Avais-tu jamais imaginé justement qu’un jour on te donnerait la possibilité de t’exprimer dans ces formats grandioses dont tu rêvais et pour un lieu aussi prestigieux, et ne considères-tu pas ce travail pour Saint-Paul’s comme une sorte de petit « miracle » étant donné l’état pitoyable de la peinture religieuse à notre époque ?

SC : Sincèrement non, je ne pouvais l’imaginer, vu l’environnement culturel où nous baignons aujourd’hui. L’époque des grands mécènes de l’Eglise, des papes mettant les artistes au service de la foi, des Jules II, est bel et bien révolue depuis longtemps et il y a peu de chance pour qu’elle renaisse, et pourtant, soudain, le Dean et les chanoines de Saint-Paul’s ont eu l’audace, le courage de prendre un risque et de me confier leur projet. Jamais je n’aurais imaginé pareille aventure ! En tout cas, en France, où j’habite depuis 1988, ce rêve était totalement exclu ; ce pays ne cesse de s’enfoncer dans un athéisme d’Etat de plus en plus agressif dont l’Eglise catholique est ici la première victime, et il faut voir ce que l’on ose exposer au nom d’un soi-disant « dialogue » entre l’art contemporain et le message chrétien : c’est parfois tout bonnement sacrilège et blasphématoire. Oui, on peut dire qu’il s’est produit une sorte de petit « miracle » avec Saint-Paul’s ou plutôt une suite d’événements providentiels qui a commencé par mon tableau Golgotha peint en 1996. C’est une très longue histoire que je ne peux rapporter ici. Disons qu’une chaîne de personnes de toutes conditions sociales, de toutes nationalités, de confessions différentes même mais toutes favorables à ce projet ont œuvré ensemble pour qu’il aboutisse : il y a eu beaucoup d’obstacles bien sûr, mais le « miracle », c’est que ce rêve soit finalement devenu réalité.


L'entretient en intégralité en cliquant ici

 

Le site officiel de Sergei Chepik : http://www.chepik.com/francais/french.html

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Published by Lutèce - dans Peintures
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