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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 01:59

(1842 - 2012) 170e anniversaire de la mort de Dumont d'Urville)

 

Jules-Sébastien-César Dumont d’Urville est né le 23 mai 1790 à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados. Son père, seigneur d’Urville et bailli de ladumont_d_urville.jpg haute cour de justice de la ville, est arrêté en 1793. Et promis à l’échafaud à quoi il n’échappera que grâce à l’intervention de sa femme.

Veuve quatre ans plus tard, la mère et son fils se retirent dans le manoir de Feugerolles près de Caen. Avec l’aide de son frère, l’abbé Bertrand de Croizilles, ancien vicaire général de Caen, Mme Dumont d’Urville veille à l’éducation du jeune garçon. Il suivra ensuite les cours des collèges de Bayeux et de Caen. En 1806, il est recalé à l’examen d’admission à Polytechnique.

L’année suivante, il embarque comme aspirant de marine sur L’Aquilon. Après une année de mer, il passe aspirant de deuxième classe sur Le Requin.

 

En 1812 (il a alors 22 ans), il est enseigne de vaisseau et rejoint Toulon. Il en profite pour parfaire ses connaissances en botanique (sa passion), en entomologie, en physique et en astronomie.

En 1814, il ramène, de Palerme en France, la famille d’Orléans sur Le Ville-de-Marseille. En 1816, il épouse une demoiselle Adèle Dorothée Pépin. Trois ans plus tard, il participe, comme commandant en second, à deux campagnes hydrographiques de La Chevrette en Grèce et dans la mer Noire. Il conseillera l’achat d’une statue découverte par un berger. La statue en question ? Rien moins que La Vénus de Milo… En 1821, il est breveté lieutenant de vaisseauCroix-Saint_Louis.jpg et est décoré de la croix de chevalier de Saint- Louis.

Commandant en second de la corvette La Coquille, il quitte Toulon en 1822 pour un voyage qui va le mener à Rio de Janeiro, aux Malouines, au Chili, aux îles Pomotou, à Haïti, aux Moluques, en Australie, en Nouvelle Zélande, aux îles Bourbon, à Maurice, à Sainte-Hélène, etc. Un voyage riche d’enseignements : Dumont d’Urville et ses compagnons, en plus de connaissances renouvelées sur l’hydrographie, l’ethnologie, l’entomologie, rapportent au Jardin des Plantes de très riches collections. En 1825, il est nommé capitaine de frégate et reçoit la Légion d’honneur.


L’année suivante, sur La Coquille (rebaptisée L’Astrolabe en hommage à La Pérouse), il quitte Toulon pour aller reconnaître les côtes de la Louisiane, de la Nouvelle-Guinée, de la Polynésie et – surtout – explorer les parages où avaient sombré, trente-sept ans auparavant, L’Astrolabe et La Boussole. La corvette est de retour à Marseille le 25 mars 1829 après trois ans de navigation. Avec 65 nouvelles cartes et 6 600 plantes rares ou inconnues. La mission avait ainsi réussi à situer l’endroit précis – Vanikoro, baie de Tenaï – où L’Astrolabe et La Boussole avaient sombré. En face du lieu du naufrage, Dumont d’Urville avait fait élever un monument à la mémoire de La Pérouse et de ses 180 compagnons. En 1830, il aura l’honneur de conduire en Angleterre Charles X et sa famille chassés par la révolution de Juillet.


Mais c’est à Louis-Philippe, roi des Français, qu’il soumet en 1836 le plan d’une nouvelle expédition dans les terres australes. Il se heurtera, enLAstrolabe_Deuxieme_voyage_de_Dumont_dUrville.jpg l’occurrence, à l’opposition d’Arago, de l’Académie des Sciences et de la Chambre. Mais il bénéficiera de l’appui de Louis-Philippe. Le 7 septembre 1847, L’Astrolabe et La Zélée, avec à son bord 400 hommes et de nombreux savants quittent Toulon. Direction le détroit de Magellan.

L’expédition va pénétrer deux fois sous le cercle polaire austral, six degrés plus au sud que les précédents explorateurs et découvrir de nouvelles terres : Terre Louis-Philippe et Terre de Joinville. Le voyage continuera vers l’archipel encore inconnu des îles Salomon et parcourra dans tous les sens la Malaisie en s’approchant par 66°3 de latitude sud et 138° de longitude est du pôle Sud. La terre découverte fut baptisée Terre Adélie (en mémoire de la femme de Dumont d’Urville).


Après trente-huit mois, l’expédition regagne Toulon le 6 novembre 1840. Dumont d’Urville est nommé contre-amiral. La Société de géographie lui décerne la Grande médaille d’or. En 1842 paraissent les deux premiers volumes de L’Histoire maritime de l’expédition au pôle Sud et en Océanie. Après sa mort, cette œuvre – 24 volumes – sera achevée par un de ses collaborateurs, Vincendon- Dumoulin.


Le 8 mai 1842, il quitte Paris, où il habite, pour Versailles où l’on doit inaugurer un musée au palais. Le soir, il revient sur Paris, en train, avec sa femme et son fils. Près de Meudon, c’est l’accident : la première locomotive se couche sur le côté, à la suite d’une rupture d’essieu, entrainant la seconde locomotive. Les cinq premiers wagons vont prendre feu : 160 morts. Dont Dumont d’Urville, sa femme et son fils. L’illustre explorateur sera enterré, le 18 mai, à Saint-Sulpice. Sur sa tombe, la Société de géographie fera ériger un monument. Dumont d’Urville avait écrit un jour : « Tout ce que j’ai pu faire pour mon pays, je l’ai fait. La France ne m’oubliera pas. »A._Provost_-_Meudon.jpg 

Source : Présent.fr

Illustrations : 1/ Dumont d'Urville _ 2/ Croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis _ 3/ L'Astrolabe faisant de l'eau sur un glaçon. Deuxième voyage de Dumont d'Urville Lithographie extraite de Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur l'Astrolabe et la Zélée , d'après Louis le Breton, aide chirurgien et dessinateur du voyage. 4/ Catastrophe ferroviaire entre Versailles et Bellevue le 8 mai 1842. A. Provost (1834-1855)

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