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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 05:34

 


 
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Published by Lutèce - dans Ier siècle
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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 08:00

Ces mosaïques, qui comptent de vastes intégrations modernes, formaient le pavement de deux 261.jpgexèdres dans les bibliothèques des Thermes de Caracalla. Elles sont divisées en panneaux rectangulaires ou carrés : les figures entières et les bustes représentent des boxeurs et des lutteurs, dont les cheveux sont souvent rassemblés dans le cirrus, la queue dans la nuque typique des athlètes professionnels ; les bras des athlètes sont revêtus des cestes (protection en cuir et tissu, dotée de pièces métalliques). La musculature vigoureuse des corps et les traits puissants des visages sont rendus grâce à la polychromie des tesselles. On distingue également sur cette264.jpg mosaïque les juges de la compétition qui sont visibles parmi d'autres personnages puisqu'ils portent une toge. Bien que la construction des Thermes puisse être située au début du IIIe siècle apr. J.-C., certains chercheurs proposent ici une datation contemporaine d'une restauration qui toucha tout l'ensemble des thermes au début du IVe siècle apr. J.-C. 265.jpg

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 18:38

TACITE, Histoires, IV, 13-15


La révolte de Civilis - Le début du conflit


4,13] XIII.  Julius Paulus et Claudius Civilis, issus d'un sang royal, surpassaient en illustration
tous les autres Bataves. Paulus, accusé faussement de révolte, fut tué par Fontéius Capito.
Civilis fut chargé de chaînes et envoyé à Néron ; absous par Galba, il courut un nouveau
danger sous Vitellius, dont l'armée demandait sa mort. Telle fut la cause de ses
ressentiments : son espoir vint de nos malheurs. Civilis, plus rusé que le commun des
barbares, et qui se comparait aux Annibal et aux Sertorius, parce qu'il portait au visage la
même cicatrice, ne voulut pas attirer sur lui les forces romaines par une rébellion déclarée. Il feignit d'être ami de Vespasien et de prendre parti dans nos querelles. Il est vrai qu'Antonius Primus lui avait écrit de détourner par une fausse alarme les secours que
mandait Vitellius, et de retenir nos légions en les menaçant des Germains. Hordéonius
Flaccus lui avait donné de vive voix le même avis, par inclination pour Vespasien et par
intérêt pour la république, dont la ruine était inévitable si la guerre se renouvelait, et que
tant de milliers d'hommes armés inondassent l'Italie.


4,14] XIV.  Quand sa révolte fut décidée, Civilis, tout en cachant des vues plus profondes, et résolu d'accommoder ses plans à la fortune, commença de la sorte à remuer l'ordre établi. Vitellius avait ordonné des levées parmi les Bataves. Cette charge, déjà pesante en elle-même, était aggravée par l'avarice et la débauche des agents du pouvoir ; ils enrôlaient des vieillards et des infirmes, pour en tirer une rançon et les renvoyer. Dans ce pays les enfants sont généralement de haute taille ; ils enlevaient les plus beaux pour d'infâmes plaisirs. Les esprits se soulevèrent, et des hommes apostés pour souffler la révolte persuadèrent au peuple de se refuser aux levées. Civilis, sous prétexte de donner un festin, réunit dans un bois sacré les principaux de la nation et les plus audacieux de la multitude. Quand la nuit et la joie eurent échauffé les imaginations, il commença par célébrer la gloire de la patrie ; puis il énumère les injustices, les enlèvements, et tous les maux de la servitude. "Ce n'est plus comme autrefois en alliés qu'on les traite, mais en esclaves. Quand le général, avec sa suite écrasante et ses durs commandements, daigne-t-il même les visiter ? On les abandonne à des préfets, à des centurions, qu'on change quand ils sont rassasiés de leur sang et de leurs dépouilles ; et alors il faut de nouvelles proies ; le brigandage recommence sous mille noms divers. Voici venir maintenant le recrutement, qui arrache, comme par une dernière séparation, les enfants à leurs parents, les frères à leurs frères. Cependant la puissance romaine ne fut jamais plus abattue ; les camps ne renferment que du butin et des vieillards. Que les Bataves lèvent seulement les yeux et ne tremblent pas au vain nom de légions
imaginaires ; ils sont forts en infanterie, forts en cavalerie ; les Germains sont leurs frères ; les Gaules partagent leurs voeux Rome même verra cette guerre sans déplaisir. Si la fortune  balance, l'intérêt de Vespasien sera leur excuse ; pour la victoire, elle ne doit de compte à personne."

 

4,15] XV.  Après ce discours, qui fut reçu avec enthousiasme, Civilis lia tous les convives par les imprécations en usage parmi ces barbares. Il envoya vers les Canninéfates pour les
associer à l'entreprise. Cette nation habite une partie de l'île : origine, langue, valeur, elle a tout des Bataves, excepté le nombre. Il gagna ensuite par des émissaires secrets les
auxiliaires de Bretagne, ces cohortes bataves que nous avons vues partir pour la Germanie,
et qui alors se trouvaient à Mayence. Il y avait chez les Canninéfates un homme appelé Brinnon, d'une audace brutale, d'une naissance éclatante. Son père, plus d'une fois rebelle,
avait impunément bravé les ridicules expéditions de Caïus. Le nom d'une famille signalée
par la révolte fut un titre pour Brinnon : placé sur un bouclier, suivant l'usage du pays, et
balancé sur les épaules de ses compagnons, il est proclamé chef ; aussitôt il appelle à son
aide les Frisons, nation transrhénane, et se jette sur un camp de deux cohortes voisin de
l'Océan et le plus à portée de son invasion. Les soldats n'avaient pas prévu cette attaque ; et, l'eussent-ils prévue, ils n'étaient pas en force pour la repousser. Le camp fut pris et pillé ; l'ennemi tombe ensuite sur les vivandiers et les marchands romains, épars çà et là dans toute la sécurité de la paix. Il menaçait de détruire tous nos postes ; les préfets de cohortes y mirent le feu, ne pouvant les défendre. Les drapeaux, les étendards, et tout ce qu'il y avait de troupes, furent réunis dans la partie supérieure de l'île, sous le commandement du primipilaire Aquilins : assemblage qui avait plutôt le nom que la force d'une armée. Vitellius avait enlevé l'élite et le nerf des cohortes, et, ramassant dans les bourgades voisines une foule confuse de Nerviens et de Germains, il avait chargé d'armes ces simulacres de soldats.

 

Traduction française J. L. Burnouf (1859)

 

 

La Conspiration de Julius Civilis : le tableau géant de Rembrandt

259.jpg Rembrandt a peint sur le thème de la conspiration de Civilis son plus grand tableau (500 x 500 à l’origine) : “La Conspiration de Claudius Civilis”, aujourd’hui présenté au Nationalmuseum de Stockholm (Suède).

 

L’œuvre est une commande des magistrats municipaux d’Amsterdam. Initialement (1659) prévue pour un cycle de douze peintures tirées de la Bible, de l’histoire romaine (Horatius Coclès) et illustrant la révolte batave, cette commande échut à Govert Teuniszoon Flinck (1615-1660). La série était destinée à orner le nouvel Hôtel de Ville, achevé en 1655 (aujourd’hui « Paleis op de Dam », le Palais Royal). Le décès de Flinck avant l’achèvement de la série fit passer la commande à un groupe de peintres, dont Jacob Jordaens (1593 – 1678) (overrompeling der romeinen et vrede tusschen civilis en cerealis), Jan Lievens (1607- 1674) (Brinio op het schild geheven), dont les œuvres sont toujours en place, et Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669), chargé de réaliser l’illustration, d’après Tacite, de la conjuration des bataves (Historiae, IV, 14).

Pour situer l’action, Rembrandt a renoncé au bois sacré, lieu de la conspiration selon Tacite (Historiae, IV, 14). Une esquisse ou copie de l’œuvre dans son état original semble montrer qu’il a inscrit la scène dans une architecture monumentale de portiques, investie cependant d’une valeur sacrée. Les Bataves prêtent serments sur leurs épées. Ce détail, parmi d’autres, peut être lu comme une référence directe à des textes antiques, tout en s’écartant du corpus tacitéen. Le decorum n’appartient pas à la panoplie antiquisante empruntée à la sculpture antique devenue habituelle à la fin du XVIIe. Les costumes sont neutres, ou même teintés d’une nuance biblique et orientale. La scène est dominée par la figure écrasante d’un Civilis d’une taille surhumaine, à la fois borgne et royal, porteur d’une tiare ou d’une couronne. L’ensemble a quelque chose d’une cène plus que de la ripaille décrite par Tacite : la coupe, identifiable à un objet liturgique, une patère, la table porteuse de la lumière. Pour les calvinistes, la cène et son calice ne sont pas le miracle de la transubstantiation, mais un rite d’alliance (lat. foedus, néerl. bont/verbont , ang. covenant) renvoyant au XVIIe siècle à un vocabulaire politique. Il est parfois avancé que la composition de Rembrandt reprend la Disputa de Raphael, représentant les Pères de l’Eglise.

 

Source : Insula, le blog de la bibliothèque des sciences de l'Antiquité (Lille 3) [article en intégralité ici]

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 19:20

Sur Canal Académie, Christophe Dickes reçoit l'historien Jacques Heers s'entretenir sur le thème : 27 novembre 1095, l’appel de Clermont : Urbain II lance la croisade

 

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Published by Lutèce - dans XIè siècle
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 17:52

Le 10 janvier dernier, l’historien Jacques Heers  est décédé à Angers. Il nous a laissé heers_jacques.jpgune œuvre tout à fait considérable.

Né en 1924 Jacques Heers était issu, comme c’était fréquemment le cas à l’époque pour certains de nos universitaires les plus brillants, d’une famille de petits commerçants. Il était le fruit de cette école publique dont on sait ce qu’ont été ses performances. Initialement, comme c’est souvent le cas, il s’était destiné à la carrière d’instituteur ; puis une licence d’histoire a suivi, puis l’agrégation, puis un doctorat consacré à Gênes ou XVe siècle sous la direction de Fernand Braudel ; il fut ensuite assistant de Georges Duby à Aix-en-Provence, puis professeur de faculté à Alger jusqu’à la fin de l’Algérie française243.jpg en 1962. On le retrouvera professeur à Caen, puis à Nanterre, puis enfin à la Sorbonne où il finira directeur des études médiévales.

Il avait entamé ses recherches sous l’auspice de l’Ecole des Annales, qui privilégiait l’histoire économique et sociale, la longue durée, qui se défiait « de l’événement », mais avec le temps il avait clairement prit ses distances avec cette vision des choses et il avait redécouvert la voie d’une histoire beaucoup plus complète.

Jacques Heers a laissé un certain nombre d’ouvrages qui ont marqué des générations d’étudiants, comme son Précis d’histoire du Moyen Âge, aux Presses Universitaires de France, L’Occident aux XIV et XV siècles, aspects économiques et sociaux, dans la244.jpg prestigieuse collection Nouvelle Clio des PUF, ensuite il s’est intéressé à l’histoire des villes, à la vie urbaine au Moyen Âge, notamment dans l’espace de la chrétienté méditerranéenne. Ces quinze dernières années, retraitées, il s’est intéressé aux croisades, avec un livre sur la première croisade, un autre livre sur la quatrième croisade et le sac de Constantinople. Il s'est orienter ensuite vers des biographies, en revenant vers ces XIVè et XVè siècles qui étaient sa spécialité de départ, notamment avec des biographies de Louis XI et de Jacques Coeur.

Mais au-delà de ces travaux ponctuels, Jacques Heers a posé la question des rapports entre la mémoire et l’Histoire, pour bien faire la part des choses entre l’une et l’autre, il a déconstruit les mensonges et les préjugés qui ont longtemps245.jpg accompagné l’enseignement de notre discipline en France, il a notamment remis totalement en cause la vision faite d’idées reçues assez grossières concernant le Moyen Âge assimilé régulièrement à une époque obscurantiste alors que nous le savons, elle correspond à une période d’éveil de l’Occident européen appelé à une ascension continue jusqu’au tragique XXe siècle. Il a enfin donné il y a peu une Histoire des Guerres d’Italie, aux éditions Via Romana, tout à fait originale qui vaut par la nouveauté des perspectives retenues notamment dans la durée, puisqu’il fait commencer ces Guerres d’Italie concernant la France, à juste titre d’ailleurs, avec la politique et des Angevins dans le royaume de Naples.

Indépendamment de son œuvre historique, Jacques Heers, et c’est ce que nous retiendrons246.jpg aussi, fut un professeur courageux dans les conditions difficiles qui furent celles de la faculté de Nanterre à l’époque du grand carnaval soixante huitard, il a toujours témoigné d’une très grande indépendance d’esprit.

La recherche et l’université françaises ont perdu un historien de premier ordre.242

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 08:54

 

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Published by Lutèce - dans Cinéma - Vidéo
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:35

Vers 112, Pline le Jeune, alors légat en Bithynie, demande conseil à l’empereur Trajan à propos de procès intenté pour « christianisme ». En réponse l’empereur lui ordonne de condamnés à mort ceux qui auraient refusé de sacrifier aux dieux.

 

« Maître, c’est une règle pour moi de te soumettre tous les points sur lesquels j’ai des doutes : qui pourrait mieux me diriger quand j’hésite ou m’instruire quand j’ignore ?

« Je n’ai jamais participé à des procès [cognitiones] concernant des chrétiens ; c’est pourquoi je ne sais quels sont les faits que l’on punit ou sur lesquels on enquête, ni jusqu’où il faut aller. Je me pose fortement la question de savoir s’il faut tenir compte de l’âge, s’il faut distinguer entre la jeunesse et l’âge mûr, s’il faut pardonner à ceux qui se repentent, et encore si pour qui a vraiment été chrétien, rien ne sert de se dédire, et si, en l’absence de crimes, l’on punit le nomen [le fait de se dire chrétien] ou les crimes [flagitia] inhérent au nomen.228.jpg

« En attendant, voici la règle que j’ai suivie envers ceux qui mettaient déférés comme chrétiens : je leur ai demandé à eux-mêmes s’ils étaient chrétiens. À ceux qui avouaient [confitentes], je vais demander une seconde et une troisième fois, en les menaçant du supplice ; ce qui persévérait, je les ai fait exécuter : peu importe la nature [qualecumque] de ce qu’ils avouaient ainsi, j’étais certain qu’il fallait punir du moins cet entêtement et cette obstination inflexibles ; d’autres, possédés de la même folie, je les ai, en tant que citoyens romains, noté pour être envoyés à Rome. Bientôt comme il arrive en pareil cas, à mesure que les accusations de ce type se répandaient, elles se sont présentées sous divers aspects.

« On a affiché un libelle sans auteur contenant un grand nombre de noms ; ce qui n’y est être ou avoir été chrétien, s’il répétait après moi une invocation aux dieux et faisait une supplication par l’encens et le vin à ton image que j’avais donnée ordre d’apporter avec les statuts des divinités, et aussi s’il maudissait le Christ – toute chose qu’il est, dit-on impossible d’obtenir de ceux qui sont vraiment chrétiens –, j’ai pensé qu’il fallait les relâcher. D’autres avaient été accusés par un dénonciateur à titre privé (index), et après avoir dit qu’ils étaient chrétiens, le nièrent ; ils l’avaient bien été, l’un trois ans auparavant, l’autre plus encore, et même pour certains jusqu’à plus de vingt ans. Tous ceux-là aussi ont adoré ton image ainsi que les statues des dieux et ont maudit le Christ.

« D’ailleurs ils affirmaient que toutes leurs fautes, ou leur erreur, s’était borné à avoir l’habitude de se réunir à jour fixe avant le lever du soleil, de chanter entre alternativement un hymne au Christ comme un dieu, de s’engager par serment non a perpétré quelques crimes, mais à ne commettre ni vol, ni brigandage, ni adultère, à ne pas manquer à la parole donnée, à ne pas nier un impôt réclamé en justice ; ces rites accomplis, ils avaient coutume de se séparer et de se réunir encore pour prendre leur nourriture, qui, quoi qu’on dise, est ordinaire et innocente ; même cette pratique, ils y avaient renoncé après mon édit par lequel j’avais selon les instructions interdit les hétairies [associations]. J’ai cru d’autant plus nécessaire de chercher ce qu’il y a de vrai là-dessous en faisant torturer deux esclaves [ancillae] que l’on disait servantes [ministrae]. Je n’ai découvert qu’une mauvaise superstition, sans mesure.

« Aussi ai-je suspendu ses procès [cognitio] pour te consulter. L’affaire a paru mériter une consultation, surtout en raison du nombre des accusés. Ils sont nombreux, de tout âge, appartenant à tous les « ordres », et même aux deux sexes, qui sont en danger ou vont être en danger. La contagion de cette superstition a gagné non seulement les villes, mais les villages et les campagnes ; elle paraît pouvoir être enrayée et guérie.

« Il n’est certes pas douteux que les temples qui étaient désormais presque abandonnés commencent à être fréquentés, que les cérémonies rituelles longtemps interrompues sont reprises, que partout on vend la chair des victimes, qui jusqu’à présent ne trouvait plus que de très rares acheteurs. D’où il est aisé de penser qu’une foule d’hommes pourrait être guérie si l’on accueillait le repentir. »

 

Réponse de Trajan à Pline

« Mon cher Secundus, tu as suivi la conduite que tu devais dans l’examen des causes de ceux qui t’avaient été déférés comme chrétiens. Car on ne peut instituer une règle générale qui ait pour ainsi dire une forme fixe. Il n’y a pas à les poursuivre d’office. S’ils sont déférés, et convaincu, il faut les condamnés, mais avec la restriction suivante : celui qui aura nié être chrétien et en aura par les faits eux-mêmes donné la preuve manifeste, je veux dire en sacrifiant à nos dieux, même s’il a été suspect en ce qui concerne le passé, obtiendra le pardon comme prix de son repentir.

« Quant au libelles affichés sans nom d’auteur, ils ne doivent jouer aucun rôle dans quelque accusation que ce soit ; c’est un procédé d’un détestable exemple et qui n’est plus de notre temps. »

 

Pline le Jeune, Lettres, 96 et 97

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Published by Lutèce - dans Religions
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:22

Coup double pour une équipe de scientifiques franco-espagnole rassemblée autour de Philippe Charlier: ils ont trouvé un profil génétique commun entre la tête momifiée d'Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI, validant l'authenticité des deux restes royaux.

Ces travaux, dont les résultats sont publiés lundi en ligne par la revue Forensic Science International, «montrent qu'Henri IV et Louis XVI ont le même patrimoine génétique passant par les pères», a expliqué à l'AFP le Dr Charlier, médecin légiste à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, en région parisienne, et grand spécialiste des énigmes historiques.

En confirmant par la génétique «la véracité de l'arbre généalogique entre Henri IV et Louis XVI», l'étude apporte un argument supplémentaire à l'authentification de la tête d'Henri IV, contestée par certains.

Retrouvée en 2008, après plusieurs siècles de pérégrinations, la tête du roi Henri IV avait été authentifiée en 2010, sur la base de nombreux recoupements scientifiques et historiques, par une équipe d'une vingtaine de spécialistes conduite par le Dr Charlier. Mais ils avaient alors échoué à extraire l'ADN.215.jpg

 

Quant au sang attribué à Louis XVI, analysé en 2011 par une équipe italo-espagnole pilotée par Carles Laluela-Fox (Institut de biologie évolutive de Barcelone), il a été récupéré dans une sorte de gourde possédée par une famille aristocratique italienne.

Cette gourde aurait contenu un mouchoir qui avait trempé dans le sang royal, le jour où Louis XVI fut guillotiné, le 21 janvier 1793.

Sept générations séparent ces deux rois de France au destin tragique, Louis XVI descendant en ligne directe paternelle d'Henri IV, assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610.

L'enfant du miracle

C'est précisément l'ADN «paternel», l'ADN du chromosome Y, qui a parlé, balayant les derniers doutes sur l'authenticité de la tête d'Henri IV, selon le Dr Charlier.

L'Institut de biologie évolutive de Barcelone a travaillé sur un échantillon «provenant du plus profond de la gorge de l'individu» et a pu extraire un ADN partiellement exploitable.

La tête d'Henri IV a été séparée de son corps en 1793, sous le régime de la Terreur, lors de la profanation de la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

Elle n'est réapparue qu'au XIXe siècle dans une collection privée d'un comte allemand, avant d'être acquise en 1919 par un antiquaire de Dinard, puis revendue à un couple de retraités passionnés d'Histoire. Ceux-ci l'ont léguée au chef actuel de la maison de Bourbon, Louis de Bourbon.

La confirmation de la lignée paternelle entre Henri IV et Louis XVI apporte aussi indirectement une réponse aux historiens qui pouvaient douter que Louis XIV soit bien le fils de Louis XIII, et non de Mazarin. «L'enfant du miracle» était né plus de 20 ans après le mariage de Louis XIII, le premier fils d'Henri IV, avec Anne d'Autriche.

Des parcelles du coeur de Louis XIII et de celui de Louis XIV sont conservées à la basilique Saint-Denis, mais l'équipe du Dr Charlier n'a pas été autorisée à les étudier.

Parfois surnommé «l'Indiana Jones des cimetières», le Dr Charlier a notamment révélé l'empoisonnement au mercure d'Agnès Sorel, favorite de Charles VII.

Plus récemment, il a travaillé sur des fragments du coeur de Richard 1er d'Angleterre, dit Richard Coeur de Lion. «Les résultats sont imminents», a-t-il déclaré, avant son départ pour la Transylvanie où il doit étudier des squelettes de prétendus vampires.

Quant à l'équipe de Carles Lalueza-Fox, maintenant qu'elle a la confirmation que le sang séché est bien celui de Louis XVI, elle pourrait tenter de déchiffrer le génome complet du dernier monarque absolu de l'Histoire de France et en tirer des informations sur la famille royale, comme la consanguinité ou la susceptibilité aux maladies.

 

Source: La Presse.ca

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 00:27

Au musée de la préhistoire de Tautavel, le préhistorien et astronome Cyril Calvet nous montre quelques techniques pour faire du feu :

 

Par percussion :

 

 

Par friction :

 

 

Avec un briquet :

 

 

Quelques preuves attestant de ces techniques :

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 15:42

 Ils sont arrivés en tant qu’esclaves, massives cargaisons humaines transportées sur de grands vaisseaux britanniques, à destination des Amériques. Par centaines de milliers, ils furent déportés, hommes, femmes, et même jeunes enfants. Dès qu’ils se rebellaient ou désobéissaient à un ordre, ils étaient punis de la façon la plus rude : on les pendait par les mains ou les pieds et on leur passait les mains ou les pieds dans le feu. Ou bien ils étaient brûlés vifs et leurs têtes étaient fichées sur des piques sur la place du marché en tant qu’avertissement pour les autres captifs. Mais il n’est pas utile de s’étendre avec précision sur les différents sévices que durent endurer ces hommes, ces femmes, ces enfants.

 

Les rois Jacques Ier et Charles Ier ont entrepris de réduire des irlandais en esclavage, puis, le très anti-catholique et Franc-Maçon, Oliver Cromwell a poursuivi cette pratique de déshumanisation de son voisin. La traite des Irlandais a commencé lorsque Jacques Ier vendit 30.000 prisonniers irlandais en tant qu’esclaves au Nouveau Monde. Sa Proclamation180 de 1625 ordonnait de les déporter outre-mer et de les vendre à des colons anglais dans les Indes occidentales (« West Indies » = Antilles]. Vers le milieu du XXVIIe siècle, les Irlandais représentaient le plus gros contingent d’esclaves vendus à Antigua et Montserrat. À cette époque, 70% de la population de Montserrat était constitué d’esclaves irlandais. 

L’Irlande devient le plus grand réservoir d’humains pour les marchands anglais. La majorité de ces premiers esclaves du Nouveau Monde était en fait blanche. De 1641 à 1652, plus de 500.000 Irlandais furent tués par les Anglais et 300.000 d’entre eux furent vendus comme esclaves. La population irlandaise passa de 1.500.000 à 600.000 en dix ans. Des familles furent détruites, puisque les Britanniques interdisaient aux pères de famille irlandais d’emmener leurs femmes et enfants de l’autre côté de l’Atlantique. Ceci provoqua l’apparition d’une population désemparée de femmes et d’enfants, et la solution britannique fut de les vendre eux aussi.  

Pendant les années 1650, plus de 100.000 enfants irlandais de 10 à 14 ans furent pris à leurs parents et vendus en tant qu’esclaves aux Antilles, en Virginie et en Nouvelle-Angleterre. Pendant cette décennie, 52.000 Irlandais (des femmes et des enfants pour la plupart) furent vendus à la Barbade et à la Virginie. En 1656, Cromwell ordonna que 2000 enfants irlandais soient envoyés en Jamaïque et vendus aux colons anglais. [il semble que là est l'origine de terme "kid-napper", déformation de "kid-nabber", voleur d'enfants, qui est défini ainsi par le Dictionnaire Anglais des Bas-Fonds : « Voleur d'êtres humains, spécialement d'enfants ; à l'origine destinés à être exportés vers les plantations d'Amérique du Nord. »]


Curieusement, on entend fréquemment, concernant cet épisode de l’histoire du peuple irlandais,  le terme juridique indentured servant [« domestiques sous contrat »]. En effet, vivant dans la plus grande misère, ou plus souvent afin d'échapper à une peine de prison, quelques Irlandais se livrèrent volontairement aux esclavagistes sous promesse d'être affranchi au bout de quelques années et ainsi de tenter leur chance dans le Nouveau Monde[1]. Hélas, le climat des Antilles et du sud-est du continent Nord-Américain, ajouté aux conditions de vie d'un esclave, n'offraient que rarement la chance aux Irlandais de démarrer une nouvelle vie une fois affranchis.

 

  Esclaves ou indentured servants n’étaient en fait rien de plus que du bétail humain.

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Le fort pourcentage de décès des esclaves européens amena les traficants d'esclaves à se fournir désormais en Afrique. Beaucoup de données et de témoignages tendent à montrer que les esclaves africains, qui n’étaient pas marqués du stigmate catholique et qui étaient plus chers, étaient souvent mieux traités que leurs homologues irlandais. À la fin du XVIIe siècle, un esclave africain était assez cher (50 Sterling), l’achat d’un esclave irlandais ne coûtait pas plus de 5 Sterling. Si un planteur fouettait ou battait à mort un esclave irlandais, ce n’était pas un crime, sa mort était un revers financier, mais moindre que celle d’un Africain plus cher.


Les maîtres anglais décidèrent assez vite de prendre des Irlandaises pour leur plaisir personnel et cela à leur plus grand profit, en effet les enfants d’esclaves étaient eux-mêmes des esclaves, ce qui augmentait le volume de la  main d’œuvre gratuite. Comme les enfants restaient esclaves malgré l’éventuel affranchissement de leurs mères, ils étaient rarement abandonnés par celles-ci, qui restaient donc esclaves.

 

À un certain moment, les Anglais trouvèrent un meilleur emploi pour ces femmes esclaves (souvent des filles à partir de 12 ans) : les colons les croisèrent avec des Africains pour produire des esclaves d’une complexion particulière. Ces « mulâtres » se vendaient plus cher que les Irlandais et permettaient d’économiser de l’argent puisque avec eux il n’y avait plus besoin de s’approvisionner sur le marché en Africains.

Cette pratique du croisement d’Irlandaises et d’Africains se poursuivit pendant plusieurs décennies, et était si répandue qu’en 1681, une loi fut passée qui « interdisait d’accoupler des esclaves irlandais avec des esclaves africains à des fins commerciales ». Bref, il s’agissait de ne pas nuire aux profits des grandes compagnies de transport d’esclave. L’Angleterre continua à acheminer des dizaines de milliers d’esclaves irlandais pendant plus d’un siècle. Des documents prouvent qu’après la Rébellion Irlandaise de 1798, des milliers d’esclaves irlandais furent vendus en Amérique et en Australie. Les abus commis contre les captifs africains et irlandais étaient terrifiants. Il est arrivé qu’un navire britannique se délestât de 1302 esclaves dans l’océan atlantique, afin que l’équipage se nourrisse mieux.

En 1839, la Grande-Bretagne décida d’arrêter sa participation à l’autoroute vers l’enfer et cessa de transporter des esclaves. Mais cette décision n’engageait pas les pirates et trafiquants étrangers qui continuèrent cette activité. Aucune des victimes irlandaises n’a pu revenir dans sa patrie pour décrire ce calvaire. Ce sont des esclaves perdus, ceux que l’époque et les livres d’histoire ont confortablement oubliés.sugar_slaves.jpg

Il est incontestable que les Irlandais ont vécu les horreurs de l’esclavage autant (sinon plus au XVIIe siècle) que les Africains. Mais la politique s’en est mêlée et les esclaves blancs sont devenus des domestiques. On passe sous silence la traite arabo-musulmane et on ne parle pas des pirates Barbaresques.

La révolution industielle conduira les enfants les plus pauvres d'Angleterre à l'esclavage ou à une forme de travail équivalent à l'esclavage... (Cela fera l'objet d'un prochain article)

 

Serge de Beketch, journaliste, polémiste, revient sur ce sujet lors d'une émission diffusée sur Radio Courtoisie :

 

 

[1] Précision au sujet des "indentured servants" aux Amériques :
il s’agissait d’un esclavage à durée déterminée (l’"endenture", vieux terme français, signifiait un document recopié à l’identique sur la même feuille de parchemin, lequel était ensuite séparé par un découpage en zigzag ; on pouvait donc réunir les deux et déterminer qu’ils n’avaient pas été modifiés, cette technique servait aussi pour le recrutement de mercenaires), généralement de cinq à sept ans. Ainsi le "servant" s’acquittait d’une peine de prison, parfois même d’une peine capitale commuée en service (il y avait 200 motifs de peine capitale en GB au XVIIe-XVIIIe siècle). Il pouvait aussi payer son passage par ce moyen.

 

Sources : White Cargo, Don Jordan et Michael Walsh éd. Mainstream Publishing _ The White Slave, Richard Hildreth éd. Adamant Media Corporation

Traduction : liberationirlande.wordpress.com

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