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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 18:26

Communiqué de Bernard Lugan (historien français spécialiste de l'Afrique, maître de conférences hors classe à l'Université de Lyon III, conférencier à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ainsi qu'à l'École de guerre au sein du module Histoire et géostratégie de la francophonie, docteur en histoire et docteur d'État ès lettres),  publié le 14/10/12 :

 

     Les conséquence de la loi Taubira.

 

L’on croyait avoir tout vu à propos de la repentance ! Or, au moment où, à Gorée, François Hollande se couvrait la tête de cendres (voir mon communiqué du 12 octobre), le cabinet du Premier ministre français reconnaissait qu’il avait été demandé à un « collectif » d’associations de « faire des propositions sur ce qui peut être fait en termes de réparations ». Rien de moins ! Français, à vos portefeuilles…

Peut-être pourrait-on suggérer à Monsieur le Premier ministre de mettre particulièrement à contribution les habitants de sa bonne ville de Nantes, elle qui fut une capitale de la Traite et dont les électeurs apportent régulièrement leurs suffrages au parti socialiste…

 

La question des réparations est régulièrement posée depuis que, sous un Président de « droite » et un Premier ministre de gauche, les députés votèrent à l’unanimité et en première lecture, la loi dite « Taubira », loi qui fut définitivement adoptée le 10 mai 2001.

Jacques Chirac décida ensuite que ce même 10 mai, serait désormais célébrée la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Cette décision plus qu’insolite rompait avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient toujours choisies pour célébrer les évènements historiques. Or, avec le 10 mai, ce fut une date du présent qui allait permettre de commémorer des évènements du passé.

Pourquoi ne pas avoir choisi le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27 avril 1848) pour célébrer cette « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » ? L’air du temps y fut naturellement pour quelque chose…

Il est d’ailleurs proprement stupéfiant de devoir constater que, littéralement couchés devant le politiquement correct, tous les députés de « droite », je dis bien TOUS, votèrent cette loi qui ne dénonce pourtant qu’une seule Traite esclavagiste, celle qui fut pratiquée par les seuls Européens, loi qui passe sous silence le rôle des royaumes esclavagistes africains et la traite arabo-musulmane  . L’ethno-masochisme de nos « élites » semble sans limites !

Quelques années plus tard, Christiane Taubira a osé déclarer qu’il ne fallait pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai 2006) !!!

 

L’énormité de la demande concernant les réparations est telle que le gouvernement va nécessairement devoir clarifier sa position. Il est même condamné à le faire devant l’impopularité et l’incongruité d’une telle démarche. Mais, harcelé par les groupes de pression qui constituent son noyau électoral, il va devoir donner des compensations « morales » aux « associations » concernées. Nous pouvons donc nous attendre à une nouvelle rafale de mesures de repentance.

Voilà comment l’histoire est violée et comment le totalitarisme liberticide se met en place. Lentement, insidieusement, mais sûrement.

 

Bernard Lugan

 

L'île de Gorée, octobre 1961, mise au point de Bernard Lugan :

 

 
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 00:17

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 09:53

Rue animée sur l'ensemble de son parcours, elle est bordée d’arbres et prolongée à l’est par la rue de Tolbiac (13e arrrondissement), à l'ouest par la rue de Vouillé (15e arrondissement). Elle coupe l’avenue du Général-Leclerc à la hauteur de la place Victor-et-Hélène-Basch, dominée par l'église Saint-Pierre de Montrouge.rue d'Alésia

D'est en ouest, la rue d'Alésia croise la rue de la Glacière, la rue de la Santé, l'avenue René-Coty, la rue de la Tombe-Issoire, l'avenue du Général-Leclerc, le rue des Plantes, la rue Raymond-Losserand et la rue Vercingétorix.

Cette longue artère résulte de la fusion en 1868, d'une rue ouverte, de 1863 à 1870, entre l'avenue Reille et la place Victor-et-Hélène-Basch sous le nom d'Alésa, avec une rue issue d'un vieux chemin champêtre entre la place Victor Basch et la rue de Vouillé. Ce chemin tracé sur un terrain ayant appartenu aux Cordelières de Saint-Marcel, existait en 1730. Appelé chemin de la Justice et aussi, en 1804, des Bœufs (d’où le nom de Pont-aux-Bœufs, donné un certain temps au pont de chemin de fer qui domine l’extrémité ouest de la rue d’Alésia), il entra dans la composition de la route reliant le Petit-Montrouge à Vaugirard, Grenelle et Passy (cf. r. de l’Abbé Groult). Ce fut la route, puis le boulevard du Haut-Transit, section, en 1851, de la route départementale n°10. Le nom d’Alésia, donné à cet ensemble en 1868, rappelle la ville où, en l’an 52, Vercingétorix résista sept mois à Jules César.

 

N° 16 _ Ancien débouché de la cité d’Alésia, de 1869, fermée en 1908, qui aboutissait  13 rue du Commandeur.

N° 72 _ L’écrivain Rosny aîné, de son vrai nom Honoré Boex (1856-1940), habitait à cet endroit en 1910. Il devait habiter par la suite le n°39 de la rue Didot.

 N° 99 _ Emplacement d’une salle pour « noces et banquets », lieu de réunions publiques, où se tint, en décembre 1808, le cinquième congrès panrusse du parti ouvrier social-démocrate animé par Jaurès et Vaillant et que suivit Lénine, récemment imigré.

N° 114 _ Ex-casino de Montrouge en 1910, actuellement Magasin Bricolex

N° 134 _ Asile de vieillards (fondation Tisserand), transformé en Résidence appartement Tisserand (foyer logement)

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 13:25

On voit bien d’emblée, ce que les pauvres, les esclaves, les petits, recevaient de l’Evangile. Ils n’avaient rien. Un esclave, en grec, se dit un « corps », sôma. Mainte inscription les désigne au pluriel, sômata, après le bétail, ktèmata. Ce neutre exprime une165.png catégorie d’objets, un des biens que l’on possède. À Rome, l’esclave est une res : chose achetée, vendue. Pour le paysan Caton, un esclave hors de service compte moins qu’une vieille vache : la vache, au moins, on la mange. Ayant rapporté le massacre de tous les serviteurs d’une maison, Tacite ajoute : vile damnum[1]. À ces déshérités, la Bonne Nouvelle[2] donnait tout : le sens de leur dignité, de leur personne humaine. Un Dieu les avait aimés, il était mort pour eux. Il leur assurait dans son royaume, la meilleure place. Le patricien n’avait ici nul avantage. Cependant, à l’assemblée, il se mêlait à cette tourbe mal lavée, dont l’haleine empestait l’ail et le gros vin. Ces êtres d’une autre race qu’il pouvait, d’un mot, faire battre et mourir, étaient ses frères. Qu’on ne dise pas que ce progrès est l’effet des mœurs du temps ou des préceptes du stoïcisme. Les beaux prêches de Sénèque n’ont point conduit à un tel changement. Après avoir fignolé la lettre XLVII à Lucilius, Sénèque n’eut pas diné avec ses esclaves. Il n’eut pas goûté avec eux, les viandes des sacrifices. On eut dressé au moins deux tables. Cette égalité dans la pratique n’a commencé qu’aux repas du Seigneur. C’est un des plus grands miracles de la religion chrétienne. L’esclave n’a ni ancêtres, ni traditions ; n’étant pas membre de la cité, il n’est point protégé par les dieux qui la symbolisent ; ni lares paternels, ni autels ; les plus favorisés sont encore les étranger, bien qu’on se défie de leurs cultes que les vraies romains méprisent. Juvénal se plaint que l’Oronte[3] ait souillé les eaux du Tibre « in Tiberim defluxit Orontes ». Les processions des Galles, ces châtrés de la Grande Mère n’avaient rien d’édifiant. Isis et Sérapis, secourables aux petits, avaient la faveur des courtisanes. La nuit, dans l’ombre propice des sanctuaires, les dévotes, croyant s’unir aux dieux, faisaient l’amour avec les prêtres. Ceux-ci, moyennant finances, prêtaient la main aux aventures les plus galantes. Au dire de Flavius Josèphe, un chevalier romain séduisit par leur artifice une noble dame qui pensait tenir en ses bras le dieu du Nil. Encore les rites les plus secrets, qui donnaient l’immortalité, n’étaient-ils pas à la portée des pauvres. Un taurobole coûtait cher. L’initiation isiaque voulait toute une machinerie qu’on ne pouvait mettre en branle sans dépense. Les mystères de la magie, de l’astrologie, se vendaient contre bon argent. L’astrologue Vettius Valens, qui vécut sous Hadrien, sait bien ce que lui soutirèrent les Égyptiens qui lui transmirent l’art sacré.

Quand une religion donne tout, on ne s’étonne guère qu’elle réussisse. Or le christianisme comblait les misérables en leur apportant l’essentiel. Désormais leur souffrance même prenait valeur de vie. Le portefaix de Carthage ou d’Ostie pouvait se dire, sous la charge, qu’il contribuait au salut du monde. Uni aux douleurs du Christ, il rachetait non-seulement ses frères de misère, mais son maître, et jusqu’à César. Il aimait ses ennemis. Quelle gloire, ici-bas déjà ! Quel titre de noblesse valait cela ?

 

André-Jean Festugière

L'enfant d'Agrigente éd. Plon

 

 

[1] pertes négligeables.

[2] en grec εὐαγγέλιον (euangélion) évangile.

[3] fleuve du Proche-Orient

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 00:01

En 1933, Staline et son commissaire du peuple à l'Intérieur, Genrikh Iagoda, décident de "nettoyer les villes", en premier lieu Moscou et Leningrad, vitrines du socialisme, de tous leurs "éléments polluants".

 


Voir aussi l'article sur ce sujet sur le blog L'indépendant
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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 10:02

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«Clovis est proclamé roi des Francs». Illustration du manuel scolaire de Bernard et Redon. Notre premier livre d'histoire, Paris, Nathan, 1955 - Crédits: Henri Dimpre/Collection Jonas/Kharbine-Tapabor

 

L'absence de l'histoire en terminale scientifique est la manifestation la plus éclatante de la dégradation de cette matière dans le cursus scolaire. Mais le problème de l'histoire à l'école ne tient pas seulement au nombre d'heures de cours : l'orientation des programmes est en cause.

«Ils ont tué l'histoire-géo», accuse-t-il. Laurent Wetzel a été professeur agrégé d'histoire, de géographie et d'éducation civique, puis inspecteur pédagogique. Mais ce normalien est aussi un ancien élu local - il a été maire de Sartrouville et conseiller général des Yvelines - dont les combats ne furent pas académiques. L'essai qu'il publie, argumenté et même technique, ne fait donc pas de cadeau à l'Éducation nationale. Depuis la dernière réforme en date, rappelle l'auteur, l'histoire et la géographie ne font plus partie des disciplines obligatoires pour les terminales scientifiques. En 2011, poursuit-il, l'agrégation d'histoire a offert à commenter un texte médiéval qui était un faux. Les programmes élaborés depuis 2008 par le ministère, ajoute Laurent Wetzel, comportent d'inexcusables erreurs et omissions... Autant de faits qui, cumulés, donnent la tendance: l'enseignement de l'histoire, en France, court au désastre.

Dans un autre livre à paraître d'ici peu, Vincent Badré, un jeune professeur d'histoire-géographie, dresse le même constat. Son ouvrage aborde le sujet à travers un panorama des programmes et des manuels scolaires montrant que la façon dont ceux-ci sont conçus et rédigés, majorant telle époque ou passant telle autre sous silence, magnifiant tel personnage ou occultant tel autre, influe en profondeur sur notre représentation du passé. Ainsi les générations des années 1970 et 1980 n'ont-elles pas la même conception de l'histoire de France que leurs aînées des années 1940 et 1950, parce qu'elles n'ont pas reçu le même enseignement, ni utilisé les mêmes manuels.

Les programmes ? Ceux qui sont en vigueur ont été élaborés par les services de la Rue de Grenelle entre 2006 et 2008. À l'école primaire, l'élève est censé étudier les grandes périodes historiques et la géographie française. Au collège, il doit ensuite parcourir l'histoire de l'Occident, de l'Antiquité au XXe siècle, avec chaque année une initiation aux mondes extérieurs : la Chine des Han ou l'Inde des Guptas en sixième, un empire africain (Mali, Ghana, Songhaï ou Monomotapa) en cinquième, la traite négrière en quatrième. Au lycée, le cursus prévoit la reprise du programme du collège, mais sous l'angle d'éclairages thématiques tels que «L'invention de la citoyenneté dans le monde antique» ou «Croissance économique et mondialisation».

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«Saint Louis rend la justice», Illustration du manuel scolaire de Bernard et Redon Notre premier livre d'histoire, Paris, Nathan, 1955 - Crédits: Henri Dimpre/Collection Jonas/Kharbine-Tapabor

 

Pour les lycéens, un découpage de ce type suppose que les acquis de l'école primaire et du collège aient été réellement assimilés. À ce titre, le programme actuel a été d'emblée contesté, nombre d'enseignants lui reprochant son caractère théorique, pour ne pas dire utopique. Mais son architecture générale a été bousculée, qui plus est, par la décision prise en 2009, Luc Chatel étant ministre de l'Education nationale, de supprimer l'histoire en terminale S. Cette mesure absurde a eu pour conséquence de condenser sur l'année de première le programme qui occupait auparavant deux années. À raison de deux heures de cours par semaine, le lycéen qui prépare le bac de français est tenu, en histoire, de s'initier à la période qui court du milieu du XIXe siècle aux années 1960. Soit l'industrialisation de la France (et de l'Europe), la montée des nationalismes, la colonisation, deux guerres mondiales, le totalitarisme... Un champ si large qu'il devient même difficile de ne faire que le survoler, comme en conviennent tous les profs. Sur les forums d'internet, ce programme de première déclenche d'ailleurs de furieux débats au sein de la corporation enseignante.

La chronologie n'est toujours pas rentrée en grâce

Vincent Peillon, nouveau ministre de l'Éducation nationale, a annoncé son intention de rétablir l'histoire pour les terminales scientifiques. Cette décision, si elle est effectivement prise, réjouira, par-delà les clivages politiques, tous ceux qui sont conscients de l'enjeu d'une telle mesure. Mais les programmes posent néanmoins d'autres problèmes dont les racines remontent aux choix pédagogiques opérés dans les années 1970-1980. Or ces choix, dont les mandarins de l'inspection générale d'histoire-géographie, derrière Laurent Wirth, leur actuel doyen, se considèrent les gardiens, nul n'a l'intention, Rue de Grenelle, de revenir dessus.

Ainsi, en dépit du discours officiel qui prétend le contraire, la chronologie, condamnée il y a plus de trente ans au nom d'une approche thématique et transversale de l'histoire, n'est-elle toujours pas rentrée en grâce. N'importe quel assistant de faculté peut raconter d'édifiantes anecdotes à ce sujet, beaucoup d'étudiants de première année hésitant à situer les Mérovingiens par rapport aux Carolingiens ou peinant à aligner correctement la liste des régimes politiques français du XIXe siècle, du Premier Empire à la IIIe République. Et encore s'agit-il de jeunes attirés par l'histoire ! En première, le découpage thématique a ceci d'aberrant, par exemple, que le programme prévoit un module sur «La guerre au XXe siècle» qui précède celui qui concerne «Le siècle des totalitarismes». Or comment comprendre la guerre de 1939-1945 sans connaître Hitler ?162.jpg

«Bonaparte au pont d'Arcole». Illustration d'un manuel scolaire. Crédits: Henri Dimpre/Collection Jonas/Kharbine-Tapabor


À ces critiques, Laurent Wirth, qui a présidé à l'élaboration des nouveaux programmes, rétorque que les élèves ont reçu un enseignement chronologique suffisant de la sixième à la troisième. Mais outre que le séquençage de l'histoire, tel qu'il est pratiqué au collège, est contestable par les impasses qu'il opère, qui peut croire que des sujets entrevus à 12 ou 13 ans constituent des connaissances suffisantes pour le bac ? Ajoutons que, au collège comme au lycée, sous prétexte d'initier les élèves à la critique des sources, b.a.-ba méthodologique de l'historien, on les fait travailler sur de sacro-saints «documents» qu'ils n'ont en réalité ni la culture ni la maturité nécessaires pour analyser, et qu'ils n'en tirent que l'interprétation donnée par le professeur ou le manuel. Si l'objectif est d'éveiller la curiosité individuelle, c'est raté.

L'histoire, donc, est mal enseignée à l'école, même s'il existe toutes sortes d'exceptions et que des centaines d'excellents professeurs ne se découragent jamais. C'est d'autant plus paradoxal que la France peut se targuer de posséder (encore) une des meilleures écoles historiques du monde, et que les Français ne cessent de manifester leur goût pour l'histoire. Selon un sondage paru en 2009 dans Historia, nos compatriotes sont même 82 % à s'y intéresser, ce pourcentage se décomposant en 26 % de passionnés, 24 % de curieux et 32 % d'amateurs ; seules 18 % des personnes interrogées s'avouaient réfractaires à la connaissance du passé. Il suffit de regarder autour de nous: monuments et spectacles historiques ne désemplissent pas, les films historiques rencontrent leur public, les livres d'histoire résistent mieux que d'autres à la crise, et les journaux se dotent tous de suppléments dédiés à l'histoire - Le Figaro Histoire , lancé avec succès au printemps dernier, en témoigne.

Si les méthodes sont en cause, le contenu de l'enseignement aussi pose problème. Il y a un an, Dimitri Casali, un ancien professeur d'histoire, aujourd'hui éditeur, publiait un Altermanuel d'histoire de France (Perrin). Ce livre, qui valut à son auteur des affrontements homériques avec les tenants de la pédagogie officielle, mettait en valeur, sur un mode didactique, les périodes ou les grands personnages qui, dans les programmes du collège (de la sixième à la troisième), de Clovis à Saint Louis et de Louis XIV à Napoléon, ont disparu ou dont le rôle a été minimisé. Dimitri Casali, en cette rentrée 2012, revient en scène avec un essai polémique où il accuse l'Education nationale de «sacrifier notre patrimoine historique au nom de la repentance et du politiquement correct». Exemples à l'appui, cet anticonformiste incrimine l'école de vouloir faire des élèves, sous couvert d'ouverture au multiculturalisme, des «citoyens du monde» plutôt que «des citoyens aimant leur pays».

Un changement de valeurs, multiculturalisme oblige

Les opposants à la Maison de l'histoire de France affirmaient que ce projet relevait d'une «histoire officielle». Qu'il n'appartienne pas à l'État de décréter quelle est la vérité historique, c'est l'évidence. Les diatribes contre «l'histoire officielle» ont ceci d'hypocrite, cependant, qu'elles ignorent - ou feignent d'ignorer - qu'il a toujours existé une histoire officielle, en France, des origines du pays à nos jours. Soit de manière active, quand l'Etat diffusait consciemment une certaine vision du passé dans le but de légitimer son pouvoir, ce qui s'est vu sous la monarchie comme sous la République. Soit de manière passive, quand l'État laissait s'installer dans ses rouages des réseaux décidés à utiliser leur position institutionnelle pour imposer une certaine interprétation du passé, version devenue officielle à force d'être dominante. Or, c'est dans ce dernier cas de figure que nous nous trouvons.

 

L'histoire scolaire, depuis Jules Ferry jusqu'aux années 1960, était dominée par le roman national républicain. Celui-ci racontait une histoire qui était l'histoire de la France et de ses héros, de Vercingétorix à Clemenceau. Sur le plan scientifique, ce récit, aujourd'hui, est pour partie caduc: c'est ainsi que les progrès de la recherche, et notamment de l'archéologie, ont radicalement modifié, au cours des vingt dernières années, ce que nous savons des Gaulois. Ce roman national, cependant, conserve largement, pour une autre partie, sa validité historique, dans la mesure où il met en lumière, au-delà des différences d'époque et des ruptures, les continuités qui caractérisent la France, communauté réunie autour d'un État, monarchique puis républicain, du Moyen Âge à nos jours. Sur le plan politique, ce récit historique, naguère, poursuivait un but: unir les petits Français, quelles que soient leurs origines, dans une vision commune de leur pays.

Or, c'est précisément cette proposition que déclinent aujourd'hui les programmes scolaires. On peut y voir le fruit d'une évolution historiographique, les travaux contemporains ayant remis en cause, comme on vient de le dire, certains partis pris de l'histoire de France façon Lavisse. On doit cependant y voir également, multiculturalisme oblige, l'effet d'un changement de valeurs. Là où l'école d'autrefois parlait nation, patriotisme et assimilation, celle d'aujourd'hui parle mondialisation, ouverture des frontières et droit à la différence. Non seulement le roman national a été abandonné, mais il est en passe d'être stigmatisé parce qu'il manifesterait - horresco referens - une «passion identitaire».

Une immense majorité de Français aime l'histoire

Si l'histoire est une science, les historiens sont des citoyens qui ont leurs opinions comme les autres. Or chez beaucoup d'entre eux, celles-ci épousent l'air du temps. Les citoyens réfractaires, dès lors, sont suspects. On l'a vu, au début de l'été, quand les élus PCF-Parti de gauche du Conseil de Paris s'en sont pris à Lorànt Deutsch, l'acteur ayant eu le front de défendre, dans son best-seller Métronome, où il s'est fait historien du dimanche, une vision du passé de Paris et de la France que ses détracteurs qualifient de «réactionnaire»... L'affaire a fait flop, mais l'extrême gauche intentant un procès en idéologie, c'est l'hôpital qui se moque de la charité.

Une immense majorité de Français, au-delà de la droite et de la gauche, aime l'histoire, et donc l'histoire de leur pays. Ils ne refusent nullement de s'ouvrir aux autres, mais sentent intuitivement que la première condition pour s'ouvrir aux autres est de se bien connaître soi-même. L'avenir de l'histoire à l'école ne dépend pas uniquement de directives ministérielles. Il est lié à la volonté et à la capacité de notre société de répondre à des questions toutes simples. Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où voulons-nous aller ?164.jpg «Clémenceau va dans les tranchées voir les soldats». Illustration du manuel scolaire de Bernard et Redon Notre premier livre d'histoire, Paris, Nathan, 1955 - Crédits: Henri Dimpre/Collection Jonas/Kharbine-Tapabor

 

Par Jean Sevillia

 

Source : Le Figaro.fr   _  Interview de Laurent Wetzel en cliquant ici

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 02:42

Le mur d'Hadrien est une fortification en pierre et en tourbe construite à partir de 122 après J.-C. par les Romains sur toute la largeur de l'Angleterre pour protéger le sud de l'île des attaques des tribus calédoniennes de l'actuelle Écosse.

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C’est en 122, que l’empereur Hadrien décide de l’amélioration des fortifications voulues par Agricola quelques 40 années plus tôt entre les estuaires de la Tyne et de la Solway, afin de stopper les raids de plus en plus fréquents des barbares du nord. Le mur coupe ainsi l’Angleterre sur près de 120 km dans la région des Borders, sa construction demandant 3 légions, soit 18.000 hommes, des auxiliaires et s’étalant sur 6 années.

 

Le romains surent exploiter le relief afin d’en tirer le meilleur parti. Le mur est constitué d’un cœur d’argile et d’un remblai recouvert de pierres taillés d’une épaisseur de 3 mètres pour une hauteur, moyenne, de 4 mètres. Tous les milles, on édifia des fortins abritant des garnisons comprenant de 25 à 50 hommes.

 

Le mur d’Hadrien matérialise la frontière entre les deux mondes, celui romanisé et civilisé et celui des bretons du nord. Au mur viennent s’adjoindre aussi 16 forteresses espacées de 11 à 12 km pouvant abriter quelques 500 hommes soit une cohorte d’infanterie soit 16 escadrons de 32 cavaliers.

 

Les trois légions se trouvaient stationnées en retrait du mur gardé par quelques 12.000158.png auxiliaires et qu’un fossé de 6 mètres de large et 3 de profondeur venait renforcer. Plus à l’Ouest, les Scots avaient l’habitude de conduire des raids maritimes, le mur fut donc prolongé par un réseau de forts côtiers. Enfin, la tactique employée par les barbares reposait sur le harcèlement et le refus de tout choc frontal, aussi, pour tirer bénéfice de sa mobilité, l’armée romaine pratiqua de nombreuses ouvertures dans le mur pour permettre de rapides raids contre les ennemis.

 

Au début du Ve siècle de l'ère chrétienne, l'empire romain en plein déclin négligea cette frontière si lointaine. Les soldats, abandonnèrent peu à peu leur poste, s'installant pour la plupart dans la région pour devenir de simples paysans. Au cours des siècles qui suivirent, le mur fut laissé à l'abandon, livré au pillage des villageois qui récupérèrent une grande partie des pierres pour construire d'autres murs, leurs maisons, leurs églises. On trouve ainsi dans les fondations de l'abbaye d'Hexham des pierres romaines.

 

 


 


 
 

 

 

 


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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 01:59

(1842 - 2012) 170e anniversaire de la mort de Dumont d'Urville)

 

Jules-Sébastien-César Dumont d’Urville est né le 23 mai 1790 à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados. Son père, seigneur d’Urville et bailli de ladumont_d_urville.jpg haute cour de justice de la ville, est arrêté en 1793. Et promis à l’échafaud à quoi il n’échappera que grâce à l’intervention de sa femme.

Veuve quatre ans plus tard, la mère et son fils se retirent dans le manoir de Feugerolles près de Caen. Avec l’aide de son frère, l’abbé Bertrand de Croizilles, ancien vicaire général de Caen, Mme Dumont d’Urville veille à l’éducation du jeune garçon. Il suivra ensuite les cours des collèges de Bayeux et de Caen. En 1806, il est recalé à l’examen d’admission à Polytechnique.

L’année suivante, il embarque comme aspirant de marine sur L’Aquilon. Après une année de mer, il passe aspirant de deuxième classe sur Le Requin.

 

En 1812 (il a alors 22 ans), il est enseigne de vaisseau et rejoint Toulon. Il en profite pour parfaire ses connaissances en botanique (sa passion), en entomologie, en physique et en astronomie.

En 1814, il ramène, de Palerme en France, la famille d’Orléans sur Le Ville-de-Marseille. En 1816, il épouse une demoiselle Adèle Dorothée Pépin. Trois ans plus tard, il participe, comme commandant en second, à deux campagnes hydrographiques de La Chevrette en Grèce et dans la mer Noire. Il conseillera l’achat d’une statue découverte par un berger. La statue en question ? Rien moins que La Vénus de Milo… En 1821, il est breveté lieutenant de vaisseauCroix-Saint_Louis.jpg et est décoré de la croix de chevalier de Saint- Louis.

Commandant en second de la corvette La Coquille, il quitte Toulon en 1822 pour un voyage qui va le mener à Rio de Janeiro, aux Malouines, au Chili, aux îles Pomotou, à Haïti, aux Moluques, en Australie, en Nouvelle Zélande, aux îles Bourbon, à Maurice, à Sainte-Hélène, etc. Un voyage riche d’enseignements : Dumont d’Urville et ses compagnons, en plus de connaissances renouvelées sur l’hydrographie, l’ethnologie, l’entomologie, rapportent au Jardin des Plantes de très riches collections. En 1825, il est nommé capitaine de frégate et reçoit la Légion d’honneur.


L’année suivante, sur La Coquille (rebaptisée L’Astrolabe en hommage à La Pérouse), il quitte Toulon pour aller reconnaître les côtes de la Louisiane, de la Nouvelle-Guinée, de la Polynésie et – surtout – explorer les parages où avaient sombré, trente-sept ans auparavant, L’Astrolabe et La Boussole. La corvette est de retour à Marseille le 25 mars 1829 après trois ans de navigation. Avec 65 nouvelles cartes et 6 600 plantes rares ou inconnues. La mission avait ainsi réussi à situer l’endroit précis – Vanikoro, baie de Tenaï – où L’Astrolabe et La Boussole avaient sombré. En face du lieu du naufrage, Dumont d’Urville avait fait élever un monument à la mémoire de La Pérouse et de ses 180 compagnons. En 1830, il aura l’honneur de conduire en Angleterre Charles X et sa famille chassés par la révolution de Juillet.


Mais c’est à Louis-Philippe, roi des Français, qu’il soumet en 1836 le plan d’une nouvelle expédition dans les terres australes. Il se heurtera, enLAstrolabe_Deuxieme_voyage_de_Dumont_dUrville.jpg l’occurrence, à l’opposition d’Arago, de l’Académie des Sciences et de la Chambre. Mais il bénéficiera de l’appui de Louis-Philippe. Le 7 septembre 1847, L’Astrolabe et La Zélée, avec à son bord 400 hommes et de nombreux savants quittent Toulon. Direction le détroit de Magellan.

L’expédition va pénétrer deux fois sous le cercle polaire austral, six degrés plus au sud que les précédents explorateurs et découvrir de nouvelles terres : Terre Louis-Philippe et Terre de Joinville. Le voyage continuera vers l’archipel encore inconnu des îles Salomon et parcourra dans tous les sens la Malaisie en s’approchant par 66°3 de latitude sud et 138° de longitude est du pôle Sud. La terre découverte fut baptisée Terre Adélie (en mémoire de la femme de Dumont d’Urville).


Après trente-huit mois, l’expédition regagne Toulon le 6 novembre 1840. Dumont d’Urville est nommé contre-amiral. La Société de géographie lui décerne la Grande médaille d’or. En 1842 paraissent les deux premiers volumes de L’Histoire maritime de l’expédition au pôle Sud et en Océanie. Après sa mort, cette œuvre – 24 volumes – sera achevée par un de ses collaborateurs, Vincendon- Dumoulin.


Le 8 mai 1842, il quitte Paris, où il habite, pour Versailles où l’on doit inaugurer un musée au palais. Le soir, il revient sur Paris, en train, avec sa femme et son fils. Près de Meudon, c’est l’accident : la première locomotive se couche sur le côté, à la suite d’une rupture d’essieu, entrainant la seconde locomotive. Les cinq premiers wagons vont prendre feu : 160 morts. Dont Dumont d’Urville, sa femme et son fils. L’illustre explorateur sera enterré, le 18 mai, à Saint-Sulpice. Sur sa tombe, la Société de géographie fera ériger un monument. Dumont d’Urville avait écrit un jour : « Tout ce que j’ai pu faire pour mon pays, je l’ai fait. La France ne m’oubliera pas. »A._Provost_-_Meudon.jpg 

Source : Présent.fr

Illustrations : 1/ Dumont d'Urville _ 2/ Croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis _ 3/ L'Astrolabe faisant de l'eau sur un glaçon. Deuxième voyage de Dumont d'Urville Lithographie extraite de Voyage au pôle Sud et dans l'Océanie sur l'Astrolabe et la Zélée , d'après Louis le Breton, aide chirurgien et dessinateur du voyage. 4/ Catastrophe ferroviaire entre Versailles et Bellevue le 8 mai 1842. A. Provost (1834-1855)

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 16:13

voeulouisXIII.jpgLe 10 février 1638, Louis XIII, consacra notre pays à la Très Sainte Vierge Marie. Il demanda que cette consécration soit renouvelée dans tout le royaume chaque 15 août, faisant ainsi de ce jour, la fête nationale de notre patrie.

 

Texte intégrale de cette consécration :

 

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre.


À tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut.
Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre état, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté, que d’accidents qui nous pouvaient perdre.
Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.
La rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’Etat, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, il s’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.
Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés.
Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son fils rabaissé jusqu’à nous, et à ce fils par sa mère élevée jusqu’à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte-Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.
À ces causes, nous avons déclaré et déclarons que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre du fléau de la guerre ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de la cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne dans ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix , et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.
Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres du dit jour, il soit fait une procession en la dite église à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales les plus solennelles ; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.
Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse ; entendant qu’à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers de la ville y soient présents ; et d’autant qu’il y a plusieurs épiscopales qui ne sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites églises pour y être fait la dite cérémonie et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse largement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ; car tel est notre bon plaisir.
Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingt-huit.

Source : http://leblogdeliemarie.wordpress.com/
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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 07:42

     Il y a 470 ans (1542 – 2012)


Le 1er janvier 1542, François- Xavier écrit du Mozambique aux Pères jésuites de Rome : « Nous sommes partis le 7 avril 1541. J’ai eu le mal de mer pendant deux mois. Nous avons beaucoup souffert durant quarante jours le long des côtes de Guinée, à cause de calmes prolongés et parce que le temps nous fut contraire. Enfin, Dieu nous a accordé la grâce d’arriver à une île, où nous sommes encore. »

Né le 7 avril 1506 au château de Xavier, en Navarre, François, professeur de philosophieSaint_Francois_Xavier1.jpg au collège de Dormant-Beauvais, est un des premiers compagnons d’Ignace de Loyola. Ordonné prêtre à Venise le 24 juin 1537, il a quitté Lisbonne le 7 avril 1541 avec Paul de Camerino et Mansilhas. Mission : évangéliser les Indes portugaises. Une mission qui lui a été confiée par Ignace de Loyola à la demande de Jean III, roi du Portugal. Des lettres pontificales de Paul III lui confient l’apostolat des Indes, la qualité de représentant officiel du pape auprès des princes, prélats, magistrats, le titre de nonce apostolique.

Sur le vaisseau qui vogue vers les Indes, le Santiago, le nouveau gouverneur général, don Martin Alphonse de Sousa, a pris place. Quatre caraques naviguent de conserve avec le Santiago. À leur bord, des soldats, des marchands, des aventuriers. Dans une lettre envoyée des Indes en 1542, François-Xavier écrit : « Nous sommes arrivés dans l’Inde le 6 mai 1542. Nous avons donc mis un an et plus pour venir au Portugal aux Indes, voyage qui, pour l’ordinaire, se fait en six mois. »

On avait doublé Madère, passé le Cap Vert et la Sierra Leone, les eaux de la Guinée dans des conditions difficiles. Dont quarante jours de calmes (pas de vents). La chaleur, le manque d’eau potable, l’absence d’hygiène seront causes d’une forte mortalité. Dans sa cabine, transformée en infirmerie, François-Xavier s’est occupé des malades. Des corps et des âmes : « Les confessions ne nous ont pas manqué, tant des malades que des passagers en santé. Les dimanches, je prêchais. Loué soit Notre Seigneur pour la faveur qu’il m’a accordée, tandis que je naviguais par le royaume des poissons, d’avoir à qui prêcher sa parole et à qui administrer le sacrement de Pénitence. » Sur le seul Santiago, on comptera plus de 40 morts.

Au Mozambique, la flotte dut hiverner sur un îlot dont le nom dit tout : le Cimetière des Portugais. Tous descendirent à terre pour s’installer tant bien que mal dans de misérables cabanes. « Aussitôt débarqués ici, écrit François-Xavier, nous avons pris soin des malades venus par la flotte. Je m’occupe à les confesser, à les communier, à les aider à bien mourir… Nous habitons tous avec les pauvres, selon nos petites et faibles forces, nous nous occupons des corps et des âmes (…). Il y a bien des malades pendant notre séjour : nous avons eu environ 80 morts. Nous sommes restés tout le temps à l’hôpital à soigner les infirmes. Pour moi, je confessais, je communiais sans relâche, sans pouvoir satisfaire tout le monde. Le dimanche, sermon : auditoire nombreux, le gouverneur était présent. »

Lui-même n’échappa pas à la maladie. On le soigna neuf fois ! Et il fut près de mourir. Fin février 1542, François-Xavier laisse ses deux compagnons au service des malades et embarque avec don Martin Alphonse de Sousa sur un petit voilier, le Coulam. Après des escales à Mélinde et à Sokotora, le vaisseau touche Goa le 6 mai 1542.

S’étant présenté à l’évêque des lieux, un franciscain, il va s’installer à l’hôtel public pour assurer les sacrements des malades. Ils furent des dizaines à se confesser. A la ladrerie, il se met au service des lépreux. Dans une chapelle près de l’hôpital, il prêche tous les dimanches sur un article de foi, des exercices de catéchisme.

Ce sera sa tâche, sans relâche, jusqu’à son départ de Goa, fin septembre 1542, le gouverneur l’ayant envoyé, avec deux diacres indigènes et un clerc minoré, évangéliser – avec succès – le cap Gomorin.

 

Vie de saint François-Xavier sur Gallica

Source : Present.fr

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