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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 07:32

Benoît XVI a annoncé que le 7 octobre prochain, à l’ouverture du Synode des évêques, il proclamerait Docteurs de l’Eglise saint Jean d’Avila et sainte Hildegarde de Bingen. « Ces deux grands témoins de la foi, a dit le Pape, vécurent à des époques et dans des contextes culturels très différents. Hildegarde, une bénédictine vivant en plein Moyen Age allemand,Ste-Hildegarde-von-Bingen.jpg fut un vrai maître de théologie versé dans les sciences naturelles et la musique. Prêtre de la Renaissance espagnole, Jean prit part au renouveau culturel et religieux d’une Eglise et d’une société parvenues au seuil des temps moderne. Leur sainteté de vie et la profondeur de leur doctrine disent leur actualité. La grâce de l’Esprit les projeta dans une expérience de plus profonde compréhension de la Révélation, et leur permit de dialoguer intelligemment avec le monde dans lequel l’Eglise agissait. »

Par cette double proclamation, le nombre des Docteurs de l’Eglise sera de 35. Le titre de « Docteur de l’Eglise » n’est pas anodin, ni simplement honorifique. Il est donné, par le Pape, à des auteurs qui, tout à la fois, ont mené une vie sainte et se sont signalés par l’orthodoxie de leur foi et la valeur exceptionnelle de leur enseignement.

C’est le pape Boniface VIII qui, le premier, dans le bref Gloriosus Deus, le 20 septembre 1295, a donné le titre d’« Ecclesiae doctorum » à quatre théologiens du passé : saint Grégoire (le grand), saint Augustin, saint Ambroise et saint Jérôme.

Il faudra attendre saint Pie V, le grand pape qui a mis en œuvre les décisions du concile de Trente, pour voir, en 1568, la proclamation de cinq nouveaux Docteurs de l’Eglise : saint Athanase d’Alexandrie, saint Basile le Grand (Basile de Césarée), saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome, saint Thomas d’Aquin.

Suivra, saint Bonaventure, en 1586, par Sixte-Quint. Au XVIIe siècle, aucune proclamation. Quatre au XVIIIe siècle : saint Anselme, en 1720 ; saint Isidore de Séville, en 1722 ; saint Pierre Chrysologue, en 1729 ; saint Léon le Grand (le pape Léon Ier), en 1754.

Au XIXe siècle, neuf nouveaux Docteurs de l’Eglise seront proclamés ; au XXe siècle, dix autres. Paul VI a été le premier pape à accorder ce titre à des femmes : sainte Thérèse d’Avila et sainte Catherine de Sienne, toutes deux en 1976. Le seul doctorat que Jean-Paul II a conféré l’a également été à une femme : sainte Thérèse de l’enfant Jésus, en 1997. Il avait aussi fait étudier la cause de doctorat de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673- 1716), dont la spiritualité mariale a tant influencé sa vie, mais toutes les objections n’avaient pas été dissipées. Néanmoins, cette cause n’est pas abandonnée.

“In medio Ecclesiæ”

Le titre accordé à Hildegarde de Bingen porte à quatre le nombre de femmes Docteurs de l’Eglise. Au total, sur 35 Docteurs, huit appartiennent à l’Orient chrétien et vingt-sept sont occidentaux. Quatre sont français. Avec les deux proclamations faites par Benoît XVI, il y aSJDA.jpg désormais deux Docteurs de l’Eglise allemands et quatre Docteurs de l’Eglise espagnols. Mais la nationalité importe peu ici.

Les écrits des Docteurs de l’Eglise sont des repères sûrs pour les fidèles de tous les pays, de tous les continents et de toutes les époques. La liturgie les honore par le Commun des Docteurs. « Au milieu de l’assemblée il a ouvert la bouche, et le Seigneur l’a rempli de l’esprit de sagesse et d’intelligence, et il l’a revêtu de la robe de gloire », dit l’introït de la messe.

Benoît XVI a indiqué que la proclamation de deux nouveaux Docteurs de l’Eglise est un signe pour l’Année de la foi qui commencera le 11 octobre prochain et pour le prochain Synode qui traitera de la nouvelle évangélisation : « Aujourd’hui encore, dans leurs enseignements, l’Esprit du Ressuscité résonne et éclaire le chemin vers la Vérité qui rend libre et donne son plein sens à nos vies. »

 

Source : Present.fr

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 11:00

Groupe hongrois formé en 2010, Bordo Sarkany joue une musique médiévale profane datant principalement du XIe au XVIe siècle. Leur répertoire contient des œuvres du répertoire hongrois, écossais, irlandais, Sefard hébreu, macédonien, néerlandais, provençal, espagnol, de chansons françaises et de leurs propres compositions.


  Militaris Congratulatio

 

   Világfa.

 

Bordo Sarkany en Hongrie

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 12:09

Aux confins de la Sibérie, les derniers survivants du Goulag stalinien vivent encore à deux pas des anciens camps où des centaines de milliers de leurs semblables sont morts, de faim, de froid, d'épuisement. Ces rescapés, libérés après la mort de Staline, sont restés à Magadan parce qu'ils n'avaient nulle part où aller. Nulle vie à recommencer. Anna, Olga, Bronislava et Anna racontent, enfin, l'absurdité et la violence des arrestations, les tortures, les camps de travaux forcés, l'arbitraire des gardiens, la barbarie d'un système qui a broyé tant de leurs compagnons d'infortune. Le père Michael, originaire d'Alaska, est venu prier avec elles et recueillir leur parole. Pour que l'Histoire ne se répète pas. Et que personne ne puisse les assassiner une seconde fois en les effaçant de nos mémoires.

 

Le communisme est toujours présent dans le paysage politique français. Nombreux sont nos compatriotes à voter pour des gens qui se refusent à dénoncer l'idéologie la plus criminelle de l'histoire de l'Humanité. Les officines antiracistes sont même très liées au Parti Communiste et à ses dérivés.


La meilleure arme de ces gens : le mensonge et le terrorisme intellectuel.

L'URSS communiste a gagné la deuxième guerre mondiale (en changeant de camp en 1941 après qu'Hitler ait lancé une offensive contre ses alliés), elle fait par conséquent partie du camp des "bons", des vainqueurs, incriticables selon le verdict du Procès de Nuremberg. Si vous critiquez le communisme c'est que vous regrettez l'issue de la seconde guerre mondiale : vous êtes donc un Nazi (Nazionalsozialismus). Les gens qui se réclament de cette idéologie peuvent donc se135 permettre tous les mensonges, tous les excès, car tous ceux qui s'opposent vraiment à eux, sont brocardés. Ce sont des fascistes, des néo-nazis. On en est encore là en 2012 !


Qui a conscience des crimes commis en Russie, en Pologne,  en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Allemagne de l'Est, en Hongrie, en Chine, au Vietnam, au Cambodge, à Cuba, etc... ? Pourquoi n'entend on jamais parler de l'Holomodor ?

Pourquoi y-t-il une place Stalingrad à Paris, une rue Hô Chi Minh à Vaulx-en-Velin, une rue Léon Trotsky à Montpellier, un boulevard Lénine à Bobigny comme à Argenteuil, etc...

 

Qui fait croire aux jeunes que Che Guevara était un grand homme digne de voir son portrait sur des tee-shirts ou sacs d'écolier ?


Fermer les yeux, c'est collaborer. Se taire pour ne pas être mal vu, c'est être un lâche ! 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 08:20

  Attila est né aux alentour de 406. Il est le fils de Moundzouk, roi d'une tribu Hunnique. Moundzouk meurt à la guerre en 408. Attila et son frère aîné Bleda sont recueillis par leur oncle, le roi des Huns, Ruga.

La suite sur le Blog de Lutèce...

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 05:37

Demain on vote. Pour quelle France ?

 

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 12:28

Le labarum est l'étendard militaire portant le symbole chrétien de la croix adopté à partir de Constantin Ier par les empereurs romains.

Cet étendard représente la croix et le monogramme du Christ : les 2 premières lettres, en grec, du mot Christ : le X = qui = Ch et P = ro = r, superposés.

Le premier monogramme pour désigner Jésus ne s'est pas inspiré de son nom mais de son titre de majesté « Christos » ("l'oint du Seigneur"), abrégé en XP, les lettres khi (X) et rhô (P) de l'alphabet grec. Le chrisme est souvent inscrit dans un cercle, signe géométrique deLabarum.jpg la perfection divine.

 

Cet étendard a été dicté par le Seigneur Jésus-Christ à Constantin, césar des Gaules, de la Bretagne et de l'Espagne.

 

D'après Eusèbe de Césarée qui atteste l'avoir vu plusieur fois, le labarum était une longue haste dorée, munie d'une traverse formant la croix et portant une riche draperie carrée surmontée d'une couronne d'or et de pierreries. Sur la draperie se voyaient les effigies de l'empereur et de ses deux fils. Dans la couronne figurait le monogramme du Christ.


Après avoir assuré ses frontières sur le Rhin, Constantin résolut de faire la guerre à Maxence, qui à Rome s'était proclamé Auguste, contrôlant l'Italie et l'Afrique du Nord. Il s'empara de toutes les villes d'Italie. La dernière bataille eu lieu aux portes de Rome.


Eusèbe de Césarée tient de Constantin le récit de sa vision :

Tandis que ce prince marchait à la tête de ses troupes, il vit dans le ciel, un peu après midi, une croix lumineuse avec ces mots : «In hoc Signo vinces» (par ce signe tu vaincras). La nuit suivante, le Christ lui apparut pendant son sommeil, lui montra la même image qu'il avait vu dans le ciel et lui ordonna de la placer sur ses étendards.

 

Le Labarum fut donc placé sur les étendards des légions romaines et sur les boucliers des soldats.

À la tête de ses troupes comptant de nombreux gaulois, Labarum en main, Constantin à cheval mèna la charge. Vaincu, Maxence fut pris dans le tourbillon de ses troupes débandées. Jeté à l'eau, au pont Milvius, on retrouva son corps le lendemain dans le Tibre. On lui coupa alors la tête qu'on promèna dans Rome, au bout d'une pique.

bataille-du-pont-Milvius.jpg
                          La bataille du pont Milvius par Pieter Lastman (1613)


Suite à la bataille du pont Milvius, le 28 octobre de l'an 312, Constantin embrassa la religion chrétienne, faisant de l’année 312 la borne frontière entre l'Antiquité païenne et l'époque chrétienne.

Cette victoire fut la victoire de l'Église après trois siècles de sacrifices et de martyres.

Le Labarum flotta dès lors au-dessus des armées de Constantin 1er et de tous les empereurs romains.

Le Labarum apparut sur la nouvelle monnaie : " le solidus " qui dura un millénaire.

Trois mois après la bataille, c'est l'Édit de Milan : la paix constantinienne.Labarum

 

Dans l'iconographie antique tardive, le labarum est représenté comme un étendard portant le chrisme ou bien une inscription rappelant la victoire de Constantin, comme c'est le cas par exemple sur le diptyque de Probus, consul en 406 : In Nomine Christi Vincas Semper (Au nom du Christ tu vaincras toujours).

Le chrisme est souvent accompagné des lettres α (alpha) et ω (oméga). Ces lettres, qui encadrent l'alphabet grec, symbolisent la totalité : le commencement et la fin.

 

Sources : The Oxford History of Byzantium, Cyril Mango _ Histoire de l'Église, éd. Clovis

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 00:15

    Les Actes des martyrs sont la transcription des procès verbaux rédigés par les autorités romaines et conservés dans les archives officielles, que les chrétiens se sont procurés par divers moyens.

Chaque tribunal avait ses “notarii”, qui recueillaient tachygraphiquement tous les actes des procès, principalement lors des interrogatoires, par le moyen de “notæ” ou de signes d’abréviation. Ensuite, ces notes étaient transcrites en langue vernaculaire, et ces pièces étaient enfin versées aux archives judiciaires.

 

Cependant, tout le travail de rédaction des actes et leur conservation dans les archives officielles était effectué par des magistrats romains. Beaucoup d’actes furent détruits sous Dioclétien, au 3ème siècle, parce que ce dernier avait constaté que ces récits héroïques enflammaient l’âme des chrétiens et leur donnaient un exemple à suivre dans la souffrance. Il les fit dès lors placer parmi les livres procrits, qu’il ordonna de rassembler et de brûler en place publique.

 

Leur lecture a fait le plus grand bien aux chrétiens de tous les temps.

 

SECTION I : ACTE DU MARTYRE DES PROTOMARTYRS ROMAINS

 

En 64, la chrétienté romaine va littéralement passer par l’épreuve du feu. Une claire nuit de juillet de cette année-là, sous le règne impérial de Néron, un terrible incendie, propagé avec une rare violence, détruisit pendant sept jours les principaux quartiers de la vieille Rome.

 

La description qu’en a laissée Tacite, dans ses Annales, quelque cinquante ans après les événements, appartient à raison aux pages les plus célèbres de la littérature uiniverselle. Cette célébrité est d’autant plus grande que c’est la première fois, dans cette page, qu’une plume païenne - et rien moins que celle de l’historien romain le plus célèbre - fait état du fait le plus important de l’histoire universelle : le christianisme et la mort violente de son fondateur, le Christ.


1. Tacite, Annales, L. XV, 38-44

« Le hasard, ou peut-être un coup secret du prince [car l'une et l'autre opinion a sesGaius_Cornelius_Tacitus.jpg autorités], causa le plus grand et le plus horrible désastre que Rome eût jamais éprouvé de la violence des flammes. (...)

« De plus, les lamentations des femmes éperdues, l'âge qui ôte la force aux vieillards et la refuse à l'enfance, cette foule où chacun s'agite pour se sauver soi-même ou en sauver d'autres, où les plus forts entraînent ou attendent les plus faibles, où les uns s'arrêtent, les autres se précipitent, tout met obstacle aux secours. Souvent, en regardant derrière soi, on était assailli par devant ou par les côtés : on se réfugiait dans le voisinage, et il était envahi par la flamme ; on fuyait encore, et les lieux qu'on en croyait le plus loin s'y trouvaient également en proie. (...)

« Et personne n'osait combattre l'incendie : des voix menaçantes défendaient de l'éteindre ; des inconnus lançaient publiquement des torches, en criant qu'ils étaient autorisés ; soit qu'ils voulussent piller avec plus de licence, soit qu'en effet ils agissent par ordre ».(...)

« Pendant ce temps, Néron était à Antium et n'en revint que quand le feu approcha de la maison qu'il avait bâtie pour joindre le palais des Césars aux jardins de Mécène. (...)

« Néron, pour consoler le peuple fugitif et sans asile, ouvrit le Champ de Mars, les monuments d'Agrippa et jusqu'à ses propres jardins. Il fit construire à la hâte des abris pour la multitude indigente ; des meubles furent apportés d'Ortie et des municipes voisins, et le prix du blé fut baissé jusqu'à trois sesterces. Mais toute cette popularité manqua son effet, car c'était un bruit général qu'au moment où la ville était en flammes il était monté sur son théâtre domestique et avait déclamé la ruine de Troie, cherchant, dans les calamités des vieux âges, des allusions au désastre présent.

« Le sixième jour enfin, on arrêta le feu au pied des Esquilies, en abattant un nombre immense d'édifices, afin d'opposer à sa contagion dévorante une plaine nue et pour ainsi dire le vide des cieux. La terreur n'était pas encore dissipée quand l'incendie se ralluma, moins violent, toutefois, parce que ce fut dans un quartier plus ouvert : cela fit aussi que moins d'hommes y périrent ; mais les temples des dieux, mais les portiques destinés à l'agrément, laissèrent une plus vaste ruine. Ce dernier embrasement excita d'autant plus de soupçons, qu'il était parti d'une maison de Tigellin dans la rue Émilienne. On crut que Néron ambitionnait la gloire de fonder une ville nouvelle et de lui donner son nom.(...)

« Néron mit à profit la destruction de sa patrie, et bâtit un palais où l’or et les pierreries n'étaient pas ce qui étonnait davantage ; ce luxe est depuis longtemps ordinaire et commun mais il enfermait des champs cultivés, des lacs, des solitudes artificielles, bois, esplanades, lointains. (...)

« La prudence humaine avait ordonné tout ce qui dépend de ses conseils : on songea bientôt à fléchir les dieux, et l'on ouvrit les livres sibyllins. D'après ce qu'on y lut, des prières furent adressées à Vulcain, à Cérès et à Proserpine : des dames romaines implorèrent Junon, premièrement au Capitole, puis au bord de la mer la plus voisine, où l'on puisa de l'eau pour faire des aspersions sur les murs du temple et la statue de la déesse. (...)

« Mais aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d'avoir ordonné l'incendie. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d'autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d'hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée un instant, cette exécrable superstition débordait de nouveau, non seulement dans la Judée, où elle avait sa source, mais dans Rome même, où tout ce que le monde enferme d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans. (...)

« On saisit d'abord ceux qui avouaient leur secte ; et, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens ; d'autres mouraient sur des croix, ou bien ils étaient enduits de matières inflammables, et, quand le jour cessait de luire, on les brûlait en place de flambeaux. Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle, et donnait en même temps des jeux au Cirque, où tantôt il se mêlait au peuple en habit de cocher, et tantôt conduisait un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les coeurs s'ouvraient à la compassion, en pensant que ce n'était pas au bien public, mais à la cruauté d'un seul, qu'ils étaient immolés ».

 

2. L’incendie de Rome d’après Suétone (Vie des Douze Césars, Néron, 38)

 

« (Néron) n'épargna ni le peuple ni les murs de sa patrie. Quelqu'un, dans un entretienincendie_rome.jpg familier, ayant cité ce vers grec: “Que la terre, après moi, périsse par le feu!”, “Non, reprit-il, que ce soit de mon vivant.” Et il accomplit son voeu. En effet, choqué de la laideur des anciens édifices, ainsi que des rues étroites et tortueuses de Rome, il y mit le feu si publiquement, que plusieurs consulaires n'osèrent pas arrêter les esclaves de sa chambre qu'ils surprirent dans leurs maisons, avec des étoupes et des flambeaux. Des greniers, voisins de la Maison dorée, et dont le terrain lui faisait envie, furent abattus par des machines de guerre et incendiés, parce qu'ils étaient bâtis en pierres de taille. Le fléau exerça ses fureurs durant six jours et sept nuits. Le peuple n'eut d'autre refuge que les monuments et les tombeaux.

 

Outre un nombre infini d'édifices publics, le feu consuma les demeures des anciens généraux romains, encore parées des dépouilles des ennemis, les temples bâtis et consacrés par les rois de Rome ou pendant les guerres des Gaules et de Carthage, enfin tout ce que l'antiquité avait laissé de curieux et de mémorable.

 

Il regardait ce spectacle du haut de la tour de Mécène, charmé, disait-il, de la beauté de la flamme, et chantant la prise de Troie, revêtu de son costume de comédien. De peur de laisser échapper cette occasion de pillage et de butin, il promit de faire enlever gratuitement les cadavres et les décombres; mais il ne permit à personne d'approcher des restes de sa propriété. Il reçut et même exigea des contributions pour les réparations de la ville, et faillit ainsi ruiner les provinces et les revenus des particuliers ».

 

Les Actes des martyrs (3)

Les Actes des martyrs (4)

Les Actes des martyrs (5)

Les Actes des martyrs (6)

Les Actes des martyrs (7)

Les Actes des martyrs (8)

Les Actes des martyrs (9)

Les Actes des martyrs (10)

Les Actes des martyrs (11)

 

Source : www.hermas.info

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 16:46

Voici l'émission diffusée mercredi 7 mars à 23h sur France 3, sur le thème du génocide vendéen de 1793.

Voir sur ce sujet l'article : Le génocide vendéen a été voulu, organisé, piloté par la Révolution

 

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 09:53

Quand on a rien à cacher, on n'empêche pas les gens de parler. Quand on dit la vérité, on ne fait pas de lois qui entravent la liberté d'expression et de recherches historiques.

 

L’émission était programmée pour jeudi dernier, 15 h 30, sur France Culture, et c’était un événement sans précédent : Reynald Secher, jadis éjecté de l’université française et d’une brillante carrière de professeur d’histoire pour avoir mis le doigt sur la réalité du génocide vendéen, était l’invité de Monique Canto, directrice de l’Ecole normale supérieure, pour parler de son dernier ouvrage. Où il enfonce le clou. Ayant eu accès à des documents d’archives jusqu’ici inédits, Reynald Secher a montré dans Vendée, du génocide au mémoricide : mécanique d’un crime légal contre l’humanité que les grands noms de la République, les Carnot, les Barère, les Robespierre, les Billaud-Varenne, ont personnellement dirigé et fait mettre en oeuvre l’extermination des Vendéens alors qu’ils étaient déjà militairement battus. Ce « génocide par petits bouts de papier » commence à faire parler de lui, d’autant que le livre, publié au Cerf, a été préfacé par William Goldnadel et comporte une postface de Stéphane Courtois.

Après de nombreuses recensions dans la presse (la « nôtre » mais aussi l’autre) et

des passages à la radio (Radio Courtoisie, bien sûr, mais encore bien d’autres, de Radio

Notre-Dame à Europe 1 en passant par France Bleue Rennes) Reynald Secher était donc invité par une grande radio publique de portée nationale. L’interview était enregistrée, annoncée. Elle a été déprogrammée à la dernière minute, tard mercredi soir ; cela a été fait de manière si maladroite que la page internet annonçant l’émission de remplacement de « Questions d’éthique », avec une autre invitée, Antonela Capelle-Pogacean (sur la Hongrie…) la barre d’identification comportait toujours les mots : http://www.franceculture.fr/emissionquestions- d-ethique-vendee-du-genocide- au-memoricide-avec-reynald-secher- 2012-02-23.

Impossible de croire que cela ait pu se passer par hasard. On imagine plutôt le coup de colère de la direction constatant qu’on allait égratigner sur une radio publique les mythes fondateurs de la Révolution et de la République, en exposant le sanglant crime contre l’humanité sur quoi elles reposent. Le quotidien Présent a demandé à Reynald Secher ce qu’il en pensait.

— Reynald Secher, une interview réalisée par Monique Canto-Sperber dans l’émission « Questions d’éthique » à propos de votre dernier livre a été déprogrammée à la dernière minute. Elle devait passer jeudi dernier, elle a été remplacée in extremis par celle d’Antonela Capelle- Pogacean. Est-ce une censure ?

—Je ne sais pas comment qualifier cet acte. Ce qui est clair, c’est que j’ai été invité par madame Canto-Sperber le jeudi 16 février dernier, à 17 heures à la maison de la Radio. Je suis venu spécialement de Rennes où j’habite. L’émission s’est très bien passée. Mme Canto-Sperber ayant lu mon ouvrage m’a posé des questions en conséquence avec l’intelligence et le charisme qui la caractérisent. Son assistante, Mme Marie Dalquié, m’a bien précisé que l’émission devait être diffusée la semaine suivante, le jeudi 23 février, à 15 h 30, ce qu’ont confirmé la radio et les programmes, y compris sur le site de France-Culture. Ce n’est que la veille, très tard, que nous avons constaté cette déprogrammation.

— France-Culture vous a-t-elle donné une explication ?

— Non seulement je n’ai pas été prévenu de cette déprogrammation, mais depuis lors personne, y compris l’assistante de Mme Canto-Sperber, Mme Marie Dalquié, ne m’a donné le moindre signe de vie malgré mes sollicitations, ce qui est plus que choquant.

— Que disiez-vous donc de si nouveau ou de si gênant pour que la radio d’Etat n’ait pas voulu le diffuser ? En d’autres termes, comment s’est déroulée l’interview et qu’y avez-vous évoqué précisément ?

— Grosso modo, l’interview s’est très bien déroulée comme je vous l’ai dit. Elle s’est orientée vers quatre thèmes : les causes du soulèvement de la Vendée, la guerre civile, l’extermination proprement dite, les méthodes et les bilans. Entre autres, j’expliquais que le système d’extermination conçu, programmé et mis en œuvre par le Comité de salut public aurait pu s’arrêter le 18 octobre 1793.

— C’est-à-dire ?

— Les Vendéens fracassés lors des batailles de Beaupréau et de Cholet par les arméesmassacre-vendee.jpg bleues qui appliquent à la lettre la politique d’extermination sentent que la situation a évolué et que s’ils restent sur la rive gauche, ils sont condamnés. Ils ne savent pasque cette politique a été décidée au plus haut niveau de l’Etat. Ils décident alors de traverser la Loire à Saint-Florent-le-Vieil, ce qu’ils font le 18 octobre. Mais que faire des 5 000 prisonniers républicains qu’ils ont ? Leur général, Bonchamps, agonisant, décide de les gracier et de les libérer, ce que les Vendéens font. Le Comité de salut public, apprenant cette nouvelle, est furieux : comment justifier sa politique d’extermination et d’anéantissement des Vendéens si ceux-ci gracient et libèrent les prisonniers républicains ? Le Comité exige des soldats le silence et un mensonge qui consiste à dire qu’ils ont été libérés par les Bleus et qu’ils ont été maltraités par les Vendéens. Qui plus est, il demande à ces soldats de réparer la faute qu’ils ont commise d’avoir accepté cette grâce et cette libération, en massacrant non seulement leurs libérateurs mais aussi leurs familles, ce que ces soldats font pendant quelques semaines, entre autre dans un lieu-dit circonvoisin : le Marillais.

— C’est particulièrement atroce ; mais ce n’était pas connu ?

— Non. C’est grâce à la découverte du dossier relatif à cette histoire que j’ai pu la reconstituer. Grâce à des documents qui se trouvent aux Archives nationales, avec tout le plan original d’extermination et d’anéantissement signé par les membres du Comité de salut public, dont Robespierre.

— Et dans cette émission, vous racontiez tout cela ?

— Pas seulement. J’ai cité et même lu une lettre du général Carnot qui, cinq jours avant la chute de Robespierre, prescrit l’extermination des femmes, des enfants et des vieillards.

– Pensez-vous que la République soit capable d’absorber le choc de vos découvertes ?

— Je crois que le problème est audelà. Je prends un exemple précis. Si vous allez au Panthéon, au choeur, vous avez un ensemble dédié à la Convention entouré de députés la main levée en l’air. Le mensonge est tel qu’en France, on honore des criminels. Prenons le cas de Carnot : il est lui-même au Panthéon, tout comme Marceau et combien d’autres. Nous sommes exactement dans la même situation que les Turcs vis-àvis des Arméniens et France-Culture, radio officielle a joué son rôle que je qualifie de mémoricidaire.livre-secher

Votre livre connaît un incroyable succès. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

— Tout simplement parce que les lecteurs découvrent une histoire inimaginable et au-delà un mensonge d’État stupéfiant.

— Comment a-t-il été reçu jusqu’à présent par la presse ? Avezvous d’autres grands rendez-vous en perspective et craignez-vous la même censure ?

— Je n’ai jamais été invité par un média d’État national pour ce livre à l’exception de France-Culture et vous voyez le résultat.

Propos recueillis par

Jeanne Smits 

 

Lettre de Carnot datée du 23 juillet 1794


« Le Comité de salut public aux représentants du peuple près l’armée de l’Ouest.

« Nous vous renvoyons, chers collègues, une lettre des membres de la commission militaire séante à l’île de la Montagne par laquelle vous verrez à quel excès de malveillance est porté l’abus d’une proclamation faite par les agents privilégiés à la surveillance des récoltes. Où donc a-t-on pris que le gouvernement voulait faire grâce aux auteurs fauteurs et organisateurs des outrages faits à la souveraineté du peuple dans la Vendée ? Hâtez-vous au contraire chers collègues de livrer au glaive vengeur tous les promoteurs et chefs de cette guerre cruelle et que les scélérats qui ont déchiré si longtemps les entrailles de leur patrie reçoivent enfin le prix de leurs forfaits. Les femmes, les enfants et les vieillards, les individus entraînés par la violence ne méritent pas sans doute le même sort que les monstres qui ont ourdi la révolte, qui l’ont servie de leur volonté comme de leurs bras, et l’on pourrait prendre à leur égard des mesures de sûreté moins rigoureuses, mais ce serait abandonner le pays aux horreurs d’une guerre nouvelle et la vie des patriotes à la merci des brigands que d’user envers ceux-ci d’une indulgence absurde et meurtrière. Vous voudrez donc bien, sans perdre un moment, chers collègues, ordonner que la justice révolutionnaire reprendra son cours et ne pas perdre de vue que nous n’avons qu’un seul but : celui de terminer enfin l’horrible guerre de Vendée. »

Archives nationales (C.A.R.A.N. AFII/269/2267/7)Chouans---Dieu-et-le-Roi.png 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 18:40

«Le blanc ? entend-on fréquemment. Mais ce n'est pas une couleur !» Michel Pastoureau sait, lui, combien cette pauvre couleur peine à être reconnue à sa juste valeur, combien elle est l'objet d'une incroyable intransigeance. Car on n'est jamais content du blanc, on lui en demande toujours davantage, on le veut "plus blanc que blanc !" Pourtant, l'historien le raconte ici, cette couleur-là est sans doute la plus ancienne, la plus fidèle, celle qui porte depuis toujours les symboles les plus forts, les plus universels, et qui nous parle de l'essentiel : la vie, la mort, et peut-être aussi - est-ce la raison pour laquelle nous lui en voulons tant ? - un peu de notre innocence perdue.

 


Quand on considère le blanc, on ne peut s'empêcher d'avoir une légère hésitation et de se demander s'il est vraiment une couleur... Est-ce une question sacrilège pour le spécialiste que vous êtes ?  


C'est une question très moderne, qui n'aurait eu aucun sens autrefois. Pour nos ancêtres, il n'y avait pas de doute : le blanc était une vraie couleur (et même l'une des trois couleurspeinture-rupestre2.jpg de base du système antique, au même titre que le rouge et le noir). Déjà, sur les parois grisâtres des grottes paléolithiques, on employait des matières crayeuses pour colorer les représentations animales en blanc et, au Moyen Age, on ajoutait du blanc sur le parchemin des manuscrits enluminés (qui étaient beige clair ou coquille d'œuf). Dans les sociétés anciennes, on définissait l'incolore par tout ce qui ne contenait pas de pigments. En peinture et en teinture, il s'agissait donc de la teinte du support avant qu'on l'utilise : le gris de la pierre, le marron du bois brut, le beige du parchemin, l'écru de l'étoffe naturelle... C'est en faisant du papier le principal support des textes et des images que l'imprimerie a introduit une équivalence entre l'incolore et le blanc, ce dernier se voyant alors considéré comme le degré zéro de la couleur, ou comme son absence. Nous n'en sommes plus là... Après de nombreux débats entre physiciens, on a finalement renoué avec la sagesse antique et on considère à nouveau le blanc comme une couleur à part entière. 


Nos ancêtres étaient donc particulièrement avisés à cet égard. 


Oui. Ils distinguaient même le blanc mat du blanc brillant: en latin, albus (le blanc mat, qui a donné en français «albâtre» et «albumine») et candidus (le brillant, qui a donné «candidat», celui qui met une robe blanche éclatante pour se présenter au suffrage des électeurs). Dans les langues issues du germanique, il y a également deux mots: blank, le blanc brillant - proche du noir brillant (black), qui va s'imposer en français après les invasions barbares - et weiss, resté, en allemand moderne, le blanc mat. Autrefois, la distinction entre mat et brillant, entre clair et sombre, entre lisse et rugueux, entre dense et peu saturé, était souvent plus importante que les différences entre colorations.


Il reste que, dans notre vocabulaire, le blanc est associé à l'absence, au manque : une page blanche (sans texte), une voix blanche (sans timbre), une nuit blanche (sans sommeil), une balle à blanc (sans poudre), un chèque en blanc (sans montant) ... Ou encore : «J'ai un blanc !»  


Le lexique en a effectivement gardé la trace. Mais, dans notre imaginaire, nous associons spontanément le blanc à une autre idée: celle de la pureté et de l'innocence. Ce symbole-là est extrêmement fort, il est récurrent dans les sociétés européennes et on le retrouve en Afrique et en Asie. Presque partout sur la planète, le blanc renvoie au pur, aualaska vierge, au propre, à l'innocent... Pourquoi ? Sans doute parce qu'il est relativement plus facile de faire quelque chose d'uniforme, d'homogène, de pur avec du blanc qu'avec les autres couleurs. Dans certaines régions, la neige a renforcé ce symbole. Quand elle n'est pas souillée, elle s'étend uniformément sur les champs en prenant un aspect monochrome. Aucune autre couleur n'est aussi unie dans la nature : ni le monde végétal, ni la mer, ni le ciel, ni les pierres, ni la terre... Seule la neige suggère la pureté, et par extension, l'innocence et la virginité, la sérénité et la paix... Dès la guerre de Cent Ans, aux XIVe et XVe siècles, on a brandi un drapeau blanc pour demander l'arrêt des hostilités : le blanc s'opposait alors au rouge de la guerre. Cette dimension symbolique est presque universelle, et constante au fil des temps. 


Virginité, dites-vous... Pourtant pendant longtemps, la mariée fut en rouge...marie-en-rouge.jpg 


Oui. Car jadis, chez les Romains par exemple, la virginité d'une femme n'avait pas l'importance qu'on lui a donnée par la suite. Avec l'institution définitive du mariage chrétien, au XIIIe siècle, il est devenu essentiel, pour des raisons d'héritage et de généalogie, que les garçons à naître soient bien les fils de leur père. Cela est devenu petit à petit une obsession. À compter de la fin du XVIIIe siècle, alors que les valeurs bourgeoises prennent le pas sur les valeurs aristocratiques, on somme les jeunes femmes d'afficher leur virginité, probablement parce que celle-ci n'allait plus de soi. Elles ont dû porter des robes blanches... Le code nous est resté. Aujourd'hui, comme le mariage n'est plus obligatoire, celles qui le choisissent cherchent à le solenniser et se marient donc selon l'ancienne tradition. 


Longtemps, le blanc fut aussi une garantie de propreté. blanc linge


Pendant des siècles, toutes les étoffes qui touchaient le corps (les draps, le linge de toilette et ce que l'on appelle maintenant les sous-vêtements) se devaient d'être blanches, pour des raisons d'hygiène bien sûr (le blanc était assimilé au propre ; le noir, au sale), mais aussi pour des raisons pratiques : comme on faisait bouillir les étoffes pour les laver, notamment celles de chanvre, de lin et de laine, celles-ci avaient tendance à perdre leur teinte. Le blanc, lui, était la couleur la plus stable et la plus solide. Mais, surtout, on attachait à cette pratique de véritables tabous moraux : au Moyen Age, il était bien plus obscène de se montrer en chemise que de se présenter nu. Une chemise qui n'était pas blanche était d'une incroyable indécence. 


On en est loin... 


C'est tout récent ! Jamais nos arrière-grands-parents ne se seraient couchés dans des draps qui n'auraient pas été blancs ! Le passage s'est fait en douceur : on a d'abord toléré quelques teintes douces, des tons pastel (bleu ciel, rose, vert pâle) - des demi-couleurs en somme. Puis on a eu recours aux rayures : c'est un artifice classique pour briser la couleur avec du blanc et l'atténuer. À présent, nous acceptons très bienphoto1-lingerie-sexy-corset-blanc-satine-damas annonce-vend que notre corps touche des couleurs vives : nous pouvons dormir dans des draps rouges, nous essuyer avec une serviette jaune, porter des sous-vêtements violets, ce qui aurait été impensable il y a quelques décennies. Nous avons brisé un tabou ancestral... Mais le blanc n'a pas dit son dernier mot sur le sujet : nombre d'hommes estiment de nouveau qu'une étoffe blanche sur une peau féminine est susceptible d'éveiller le désir. Le blanc n'est donc pas si innocent que cela. Et malgré tout, il reste la couleur hygiénique par excellence, toujours une garantie de propreté : nos baignoires et nos réfrigérateurs sont généralement blancs. 


Nous cultivons même une véritable obsession pour le blanc, comme le martèlent les publicités pour les lessives: il faut désormais que le linge soit plus blanc que blanc ! Serait-ce notre manière moderne de rechercher la pureté ?  


Nous poursuivons en effet une quête du superblanc, où le symbolique rejoint sans doute le matériel. Coluche s'en moquait dans l'un de ses sketchs : «Plus blanc que blanc ? Ça doitpyasage-d-hiver.jpg être transparent !» On a toujours cherché à aller au-delà du blanc. Au Moyen Age, c'était le doré qui remplissait cette fonction : la lumière très intense prenait des reflets d'or, disait-on. Aujourd'hui, on utilise parfois le bleu pour suggérer l'au-delà du blanc : le freezer des réfrigérateurs (plus froid que le froid), les bonbons à la menthe superfroids, ou les glaciers que l'on dessine sur les cartes en bleu sur le fond blanc de la neige... 


Il y a un autre symbole fort du blanc : celui de la lumière divine. 


Oui. Alors que la Vierge a été longtemps associée au bleu, Dieu lui-même est resté perçuLumiere-divine.jpg comme une lumière... blanche. Les anges, ses messagers, sont également en blanc... Ce symbolisme s'est renforcé avec l'adoption, en 1854, du dogme de l'Immaculée Conception (le blanc devenant la seconde couleur de la Vierge). Les souverains, qui tenaient leur autorité du pouvoir divin, ont également adopté la couleur blanche, et l'ont choisie comme une manière de se distinguer dans les armées très colorées : ainsi sont blancs l'étendard et l'écharpe royaux, la cocarde de Louis XVI, le panache et le cheval d'Henri IV... Aujourd'hui encore, les membres de certaines sectes, adorateurs de la lumière ou quêteurs d'un Graal moderne, choisissent cette couleur pour leurs rituels. 


On peut se demander si la science moderne n'a pas été influencée elle aussi par cette vieille mythologie : le big bang est souvent représenté par un éclat de lumière blanche. 


Tout à fait. Le blanc, c'est aussi la lumière primordiale, l'origine du monde, le commencement des temps, tout ce qui relève du transcendant. On retrouve cette association dans les religions monothéistes et dans de nombreuses sociétés. L'autre faceGargamel de ce symbole, c'est le blanc de la matière indécise, celui des fantômes et des revenants qui viennent réclamer justice ou sépulture, l'écho du monde des morts, porteurs de mauvaises nouvelles. Dès l'Antiquité romaine, les spectres et les apparitions sont décrits en blanc. Cela n'a pas varié. Regardez les bandes dessinées : il est impensable qu'un fantôme n'y apparaisse pas en blanc ! Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les BD sont très conservatrices, et elles perpétuent de très vieux codes que les lecteurs comprennent inconsciemment : le blanc de l'au-delà, le bleu qui calme, le rouge qui excite, le noir qui inquiète... Une symbolique des couleurs qui ne les respecterait pas serait sans doute moins efficace. 


Avec le blanc, nous sommes dans la virginité et l'innocence, mais curieusement aussi dans la vieillesse et la sagesse. Le bébé et le vieillard... Comme si, une fois encore dans cette histoire, les couleurs réunissaient les extrêmes. 

Gandalf-le-blanc.jpg

Exactement. Le blanc du grand âge, celui des cheveux qui blanchissent, indique la sérénité, la paix intérieure, la sagesse. Le blanc de la mort et du linceul rejoint ainsi le blanc de l'innocence et du berceau. Comme si le cycle de la vie commençait dans le blanc, passait par différentes couleurs, et se terminait par le blanc (d'ailleurs, en Asie comme dans une partie de l'Afrique, le blanc est la couleur du deuil). 


La vie vue comme un parcours dans les couleurs, du blanc au blanc... C'est une jolie métaphore... Il y a un autre symbole qui nous colle, si j'ose dire, à la peau : nous-mêmes, Européens, sommes censés avoir le teint blanc. 


C'est un enjeu social majeur ! La blancheur de la peau a toujours agi comme un signe de reconnaissance. Jadis, puisque les paysans, qui travaillaient en plein air, avaient le teint hâlé, les aristocrates se devaient d'avoir la peau le moins foncée possible, pour bien s'en distinguer. Dans les sociétés de cour du XVIIe et du XVIIIe siècle, ils s'enduisaient de crèmes pour se faire un masque blanc qu'ils rehaussaient en certains endroits avec dub.lindon rouge. 


Ce sont les visages de plâtre qu'arborent les personnages de Barry Lyndon, film de Stanley Kubrick... 


Les petits seigneurs du XVIIIe étaient obsédés par le souci de marquer leur différence face à des paysans parfois plus riches qu'eux (l'expression «sang bleu» est rattaché à cette habitude: leur visage était tellement pâle et translucide que l'on en voyait les veines, et certains allaient jusqu'à les redessiner, afin de ne pas être confondus avec des laboureurs) ... Dans la seconde moitié du XIXe siècle, il convient, cette fois, de se distinguer des ouvriers, qui ont la peau blanche puisqu'ils travaillent à l'intérieur: pour l'élite, c'est donc le temps des bains de mer et du teint hâlé. Aujourd'hui, le balancier semble reparti dans l'autre sens : à force d'être à la portée de tous, le bronzage devient vulgaire. La peur du cancer fait le reste: désormais, le grand chic est de ne pas être trop bronzé... La vraie liberté serait de ne pas se laisser prendre par ces différentes influences, mais nous obéissons malgré nous aux lois du groupe auquel nous appartenons, et nous sommes prisonniers du regard des autres. 


Et du regard des autres sociétés... À ce titre, il n'est sans doute pas anodin de se penser comme des «Blancs». Aurions-nous, par là, l'ambition de nous croire «innocents» ?  


Je le crois. Nous nous pensons innocents, purs, propres, divins parfois, et peut-être même un peu sacrés... L'homme blanc n'est pas blanc, bien sûr. Pas plus que le vin blanc. Mais nous sommes extrêmement attachés à ce symbole qui flatte notre narcissisme... Les Asiatiques, eux, voient dans notre blancheur une évocation de la mort: l'homme blanc européen a un teint si morbide à leurs yeux qu'il est réputé sentir véritablement leAlbinos.gif cadavre. Chacun perçoit les autres en fonction de sa propre symbolique. En Afrique, où il est important d'avoir la peau brillante et luisante (soit naturellement, soit artificiellement), la peau mate et sèche des Européens est vue comme maladive. Chaque regard est culturel. Nos préjugés sociaux se jouent dans le sentiment de notre propre couleur. 


Ce qui est frappant avec le blanc, c'est l'étonnante pérennité de son symbolisme. Contrairement aux autres couleurs, il n'a pas changé au fil des siècles. 


Les racines symboliques du blanc - l'innocence, la lumière divine, la pureté - sont presque universelles et remontent très haut dans le temps... Sans le savoir, nous y sommes toujours rattachés. Le monde moderne y a peut-être ajouté un ou deux symboles, celui du froid par exemple, mais, pour l'essentiel, nous vivons toujours avec cet imaginaire antique. Et, comme la symbolique des couleurs est un phénomène de très longue durée, il n'y a aucune raison pour que cela s'arrête.

 

Entretient accordé par Michel Pastoureau, historien médiéviste français, spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes et de l'héraldique, à Dominique Simonnet.

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