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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:41

   Ennode de Pavie ou Magnus Felix Ennodius a été évêque de Pavie en Italie, et légat à Constantinople au VI e siècle. Il est né en 474/475 dans une famille arlésienne des Anicii. Après la mort de ses parents, il vient vivre chez une tante paternelle en Ligurie.

Il entre ensuite dans le clergé de Pavie, puis de Milan, en 499/501, où il devient le conseiller de l'évêque Laurent. A ce titre, il participe aux conciles romains de 501 et 502 en tant que partisan du pape Symmaque.

   En 514, il devient lui-même évêque de Pavie. Le pape Hormisdas l'envoie comme légat à Constantinople en 515, puis en 517 pour défendre le point de vue romain sur le schisme d'Acacius. Il meurt en 521.

   Les œuvres d'Ennodius sont une source importante pour le début du VIe siècle. Elles sont souvent négligées à côté de ses contemporains Boèce ou Cassiodore. C'est un homme imprégné de culture classique, qui n'hésite pas (tout en s'excusant) à faire des références à la mythologie païenne.

Il est l'auteur :

  • d'un panégyrique du roi Théodoric et des évêques de Milan
  • des vitae d'Epiphane de Pavie et d'Antoine de Lérins
  • de poèmes mondains (Hymnes) et religieux
  • de discours destinés aux écoles de Milan
  • d'un pamphlet contre les adversaires de Symmaque
  • d'une correspondance où il décrit ses nombreuses relations personnelles dans l'aristocratie

 

La traduction des Lettres d’Ennodius que nous offrons au public, a pour unique objet delettre1 vulgariser des trésors historiques et littéraires, demeurés jusqu’ici presque inconnus.

Deux éditions récentes et les travaux qu’elles ont provoqués en France et à l’Etranger, ont tiré de l’oubli les œuvres de l’évêque de Pavie, mais il restait, pour le commun des lecteurs, une grosse difficulté: l’intelligence de sa langue. [...]

L’époque où nous vivons ne ressemble que trop à celle où écrivait Ennodius. Notre histoire sociale, c’est, à de nombreux points de vue, la reproduction de l’histoire sociale de la fin du Ve siècle. Comme au lendemain de l’invasion des Barbares, des ruines s’accumulent, des institutions séculaires disparaissent, les couches inférieures montent et s’emparent de la suprématie. N’y a-t-il pas pour l’observateur attentif un intérêt souverain à écouter les confidences de ces fiers Romains, devenus les fidèles sujets du Goth Théodoric ? [...]

Bordeaux,30 août 1904.

  Une correspondance à la fin du Ve siècle ; non point un recueil de lettres officielles, comme celles de Cassiodore, mais une correspondance intime, expression réelle de la vie journalière dans la haute aristocratie du monde romain d’Occident à cette époque, telle est l’œuvre dont nous donnons au public la traduction française.

Toutes les œuvres d’Ennodius, il est vrai, sont précieuses pour l’histoire de cette singulière époque où le vieux monde Romain, survivant à l’empire d’Occident écroulé sous la poussée des Barbares, était en gestation de peuples nouveaux.

 

  À découvrir en cliquant ici

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 02:00

  Sous le règne d'Auguste, l'empire romain connut une expansion sans précédent. Pour sécuriser les frontières de la Gaule, l'empereur lance plusieurs campagnes à l'est du Rhin pour soumettre les tribus germaniques. Certaines d'entre elles résistent mais d'autres s'allient avec Rome.

   Voici dans cette docu-fiction, l'histoire de la conquête de la Germanie par Rome ; à traversla vie d'Arminius, fils de Segimerus, chef d'une tribu chérusque se situant sur les rives de la Weser.

Celui-ci, otage de Rome, fut élevé en citoyen romain. Soldat de l'empire, il organisera une fois rentré en Germanie, la révolte qui conduira Rome à renoncer à soumettre l'Allemagne du Nord...



Arminius-Hermann-bronze-2

La première partie de cette docu-fiction sur le blog de Lutèce

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 16:41

  Un pape Berbère ! Il naît en Afrique et occupe, pendant dix années (189-199), sous les empereurs Commode et Septime Sévère, le siège de Saint Pierre à Rome. Nous aurons ultérieurement, nés aussi en Afrique, les saints papes Gélase Ier et Milciade. En cette fin de IIe siècle, les conversions inquiètent l'empereur par leur nombre, mais aussi le pape Victor par leur fantaisie.

  Des chrétiens, condamnés par l'empereur, purgent leur peine de travaux forcés en Sicile.Victor Ier Victor intervient. Dans sa narration du Curriculum vitae de Calliste, Hippolyte nous raconte comment : il agit auprès de Marcia, dont il sait que l'intervention auprès de l'empereur – elle est sa maîtresse – sera efficace. En effet, le pape communique aux autorités la liste des chrétiens à élargir.

  En bon Berbère, il rappelle à la sagesse occidentale le rôle important des lois pour la marche des sociétés. Puis il s'occupe de remettre tout en ordre dans l'Eglise dont il surveille minutieusement l'organisation, confirmant de son autorité – et il n'en manque pas ! – les progrès nécessaires.

  Pour assurer à sa base la foi catholique, il établit la liste des livres sacrés – car là encore, à cette époque, une certaine fantaisie règne ! – il reconnaît quatre Evangiles, ce que saint Irénée établira avec tant de force.

  L'Eglise ne cesse de s'étendre. Il faut faire face aux besoins créés par la venue de nouveaux chrétiens. Alors Victor, qui a promu douze évêques en divers lieux – à l'exemple des Berbères – crée aussi des clercs surnuméraires. Souvenons-nous qu'au premier concile de Carthage, peu après 200, on comptera 70 évêques pour l'Afrique Proconsulaire (Tunisie) et la Numidie. Combien sont-ils dans d'autres pays ?

Trois évêques en Italie, quatre en Espagne. Et en Gaule ? Jusqu'au milieu du IIIe siècle, un seul et unique évêché : celui de Lyon.

  Le Pape s'attache à revoir les formules des prières et des rites, celles de la consécration épiscopale, de l'ordination des prêtres, diacres, confesseurs, lecteurs, sous-diacres, des confréries de veuves, des communautés de vierges, et s'occupe tout spécialement de la formation des nouveaux venus : trois ans de catéchuménat, proclamation solennelle et publique des catéchumènes. Il tient à faire de ces hommes, hier encore de moeurs barbares, des chrétiens respectables.

  Voici qu'un premier schisme menace l'Eglise : les Asiates célébraient la fête de Pâques le 14e jour de la lune de mars, et les chrétiens d'Occident la fêtaient le dimanche suivant, jour de la résurrection du Seigneur. Le pape Victor, pour cette raison, veut imposer l'usage romain. L'évêque d'Ephèse, Polycrate, lui écrit : « Je ne me laisse pas intimider. Plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes. » Les choses sont donc graves. Le Pape provoque la réunion de synodes provinciaux contre les Eglises d'Asie, saint Irénée, le grand penseur, supplie le Pape de renoncer à l'excommunication des orientaux. Le conflit est évité. A propos de la question pascale, les apologistes de la primauté romaine voient, dans la façon dont fut menée et conclue cette affaire, une « épiphanie de la papauté ». C'est une manifestation triomphante de Pierre en Victor !

  Le pape Victor veille à ce que soit respecté le droit de regard universel de l'Eglise de Rome sur l'ensemble des Eglises. Des conciles régionaux reconnaissent et confirment son autorité.

  Même autorité dans le domaine doctrinal. L'hérésie gnostique naît et se développe : contre cette doctrine philosophique et religieuse, que Daniel- Rops nommera « une aberration de l'intelligence », Victor assemble des synodes régionaux. Il excommunie Théodote, corroyeur de Byzance, qui voyait dans le Christ un homme et non Dieu. Dans le trouble que crée la polémique littérale entre Proclus, montaniste, et le prêtre Caius, Victor soutient son prêtre.

  L'action du Pape sur les masses est splendide : il se sait le chef – « tu es Pierre ! » – il parle et agit comme tel. Saint Jérôme a écrit que Victor fut le premier écrivain chrétien à se servir du latin. Il se pose en champion vigoureux de l'esprit latin, romain et occidental.

  Pape, Victor n'en demeure pas moins Berbère, avec sa fierté, son honneur, sa notion de patrie. Alors, il part en guerre contre tous ceux qui osent toucher à sa « Patrie », sa Patrie- Eglise, sa Patrie-Siège romain, sa Patrie-Liturgie romaine.

  Victor est enseveli au Vatican. Avec les papes, ses prédécesseurs.

Abbé Serralda (†)

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 13:02

  Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, est né le 29 septembre 1571 à Milan et est mort le 18 juillet 1610 à Porto Ercole. Il Caravaggio (dont je vous propose de mieux connaître l'œuvre en cliquant sur ce lien : link ) a réalisé ce tableau entre 1605 et 1606, en pleine contre-réforme.

  Par le traitement de ce sujet, l'artiste s'oppose aux railleries des Protestants à l'égard du saint.  Ce tableau est conservé à la galerie Borghese de Rome. La détention par la galerie Borghèse du tableau incite à penser que Scipion Borghèse, déjà détenteur de La Madone des palefreniers pourrait en être le commanditaire.

Un an plus tard, en 1607, Le Caravage réalise un second Saint Jérôme écrivant (voir en bas) conservé à La Valette à Malte. D'autres tableaux du Caravage auront également pour sujet la vie de ce saint.

 

St Jerome-Caravage2

Saint Jérome est représenté de 3/4, drapé dans un large manteau, en train de rédiger la Vulgate : la traduction des écritures sacrées de l'hébreu en latin.

Sa silhouette amaigrie occupe la droite de la composition ; traversée par l'ample geste horizontal de son bras nu, tendu pour tremper sa plume dans l'encrier. Le regard du spectateurs est ainsi dirigé vers une superbe nature morte en pleine lumière, composée de livres amoncelés, d'un drap posé sur la table et d'un crâne, symbole de la mort inexorable, sujet de méditation du saint.

Le Caravage éclaire aussi le front chauve et ridé de saint Jérome, et fait ressortir le rouge de son manteau avec maestria.

Il projette chaque élément vers le premier plan, tandis que l'obscurité enveloppe l'espace environant, l'anéantissant. L'effet de profondeur résulte de la sorte de la disposition des livres qui semblent sortir des limites de la toile.

Caravaggio-Jerome-Valletta


Saint Jérome et la Vulgate : cliquez ici

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 18:13

  Gladiator, Spartacus, Ben Hur, formidables films ; mais comme toujours, Hollywood et la réalité historique, cela fait deux.

  Voici une série de trois documentaires bien plus fidèle à la réalité historique :

 

 



 
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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 03:05

   La tombe de saint Philippe, un des Apôtres, aurait été découverte à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans le sud-ouest de la Turquie. Les journaux, qui ont reproduit paresseusement la dépêche de l’AFP, nous parlent de Pamukkale comme d’une ville touristique connue surtout pour ses eaux thermales et ses sources d’eau chaude qui ontmedia l 4300443 formé, par le carbonate de calcium, des terrasses blanches.

  Mais Pamukkale ce n’est pas seulement ce « château de coton », il est vrai impressionnant. Ce sont aussi les vestiges nombreux de l’antique Hiérapolis. La ville fut fondée au IIe siècle avant Jésus-Christ, par un roi de Pergame, puis reconstruite par les Romains après un tremblement de terre en l’an 60 de notre ère.

  C’est là où l’on rejoint l’apôtre Philippe. Les Italiens mènent des fouilles sur l’antique Hiérapolis depuis 1957. Aujourd’hui la mission archéologique se poursuit, composée de chercheurs venus de différents pays. Cette équipe internationale est dirigée par Francesco D’Andria, professeur à l’université de Salento.

  En 2008, les archéologues avaient retrouvé l’itinéraire que les pèlerins parcouraient en procession pour rejoindre le lieu de sépulture de l’apôtre. Les découvertes faites il y a un mois sont plus importantes.

  Le professeur d’Andria a précisé à L’Osservatore Romano : « Près du martyrium (édifice de culte octogonal construit sur le lieu où fut martyrisé saint Philippe), nous avons trouvé une basilique du Ve siècle à trois nefs. Cette église a été construite autour d’une tombe romaine du Ier siècle qui, de toute évidence, était tenue en grande considération. Il s’agit d’une tombe non pas à fosse mais à sacellum [petite enceinte], avec un fronton et une chambre funéraire ».

  Cette tombe n’a pas encore été ouverte. Lorsqu’elle le sera, elle apportera sans doute des lumières nouvelles sur l’Apôtre.

   De Bethsaïde à Hiérapolis

  Les quatre Evangiles sont unanimes à citer Philippe parmi les 12 Apôtres. Saint Jean nous dit qu’il était originaire de Bethsaïde (sur les bords du lac de Tibériade). C’est sur les bords de ce lac qu’a lieu le miracle de la multiplication des pains. Alors qu’une foule nombreuse l’entoure, Jésus met Philippe à l’épreuve : « Comment achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ? » Et Philippe, pragmatique, répond : « Deux cents deniers de pains ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un petit peu ». Jésus rassasiera cette foule d’« environ 5 000 hommes » en distribuant de la nourriture à tous, à partir de « cinq pains d’orge et deux menus poissons » qu’avait un jeune garçon.

  Saint Jean nous décrit aussi Philippe comme un impatient, qui réclame un signe sensible. Il dit à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Ce qui lui vaut une réponse où Jésus introduit au mystère de son Père : « Depuis si longtemps je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment toi, peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que moi, je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que moi je vous dis, ce n’est pas de moi-même que je les dis ; c’est le Père demeurant en moi qui fait ses œuvres. Croyez m’en : moi, je suis dans le Père et le Père est en moi ; sinon, croyez à cause des œuvres mêmes ».

  Après la mort de Jésus, la Résurrection et la Pentecôte, Philippe est parti évangéliser la Grèce et l’Asie mineure. L’historien Eusèbe de Césarée nous dit que Philippe avait des enfants et qu’il a marié certaines de ses filles, mais aussi que quatre d’entre elles sont restées vierges et avaient le charisme de prophétie. Le même historien nous dit que Philippe et ces quatre filles sont enterrés à Hiérapolis.

  La découverte récente de la tombe de l’Apôtre vient donc confirmer la tradition. L’ouverture de son tombeau devrait permettre de donner une réponse définitive à une question qui divise les historiens depuis l’Antiquité : Philippe est-il mort en martyr ou pas ? Le type de l’édifice mortuaire retrouvé à Pamukkale semble déjà donner une réponse.

Yves Chiron

 

Quotidien Présent du samedi 20 août 2011

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 02:03

    Les paroles volent, les écrits restent.

 

Le blog Scripta Manent est un blog d'histoire. Il contiendra des textes, des archives, des illustrations, des articles de journaux et toutes sortes de choses en relation plus ou moins directe avec l'Histoire de France ou d'ailleurs...

 

 

Verba volent, Scripta manent

 

   Conseil de prudence qui inciterait à ne jamais laisser de trace écrite ou de preuve d'une situation compromettante, d'autant que, selon Talleyrand, la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée.

  La pertinence de la maxime a été fort bien comprise par les compagnies d'assurances qui obligent leurs assurés à un constat écrit à l'amiable, signé et contresigné par les acteurs d'un accrochage.

  L'expression enfin vaut pour les écrivains, qui, s'ils sont libres de proférer n'importe quelle ineptie oralement, devront toujours se souvenir que leurs propos écrits, eux, ne sont pas inscrits dans le sable.

 

Citations latines expliquées, Nathan Grigorieff - éd. Eyrolles

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