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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 09:55

                               Grégoire de Tours – Histoires des Francs – Livre 3 (extrait) :


Les Francs avaient une grande haine contre Parthénius, parce que sous ledit roi il leur avait imposé des tributs, et ils commencèrent à le poursuivre. Se voyant en péril, il s’enfuit de la ville, et supplia deux évêques de le ramener à Trèves, et de réprimer par leurs exhortations la sédition d’un peuple furieux. Ils y allèrent, et la nuit, pendant qu’il était dans son lit, tout à coup en dormant il commença à crier à haute voix, disant : Hélas ! hélas ! secourez-moi, vous qui êtes ici, venez à l’aide d’un homme qui périt. A ces cris, ceux qui étaient dans la chambre s’étant éveillés, lui demandèrent ce que c’était, et il répondit : Ausanius, mon ami, et Papianilla, ma femme, que j’ai tués autrefois, m’appelaient en jugement, en disant : Viens répondre, car nous t’accusons devant Dieu. En effet, pressé par la jalousie, il avait, quelques années auparavant, tué injustement sa femme et son ami. Les évêques, étant arrivés à la ville, et voyant qu’ils ne pouvaient résister à la violente sédition du peuple, voulurent le cacher dans l’église. Ils le mirent dans un coffre et étendirent sur lui des vêtements à l’usage de l’église. Le peuple étant entré, le chercha dans tous les coins ; il se retirait irrité, lorsqu’un de la troupe conçut un soupçon, et dit : Voilà un coffre dans lequel nous n’avons pas cherché notre ennemi. Les gardiens leur dirent qu’il n’y avait rien dans ce coffre que des ornements ecclésiastiques ; mais ils demandèrent les clefs, disant : Si vous ne l’ouvrez pas sur-le-champ, nous le brisons. Le coffre ayant donc été ouvert, et les linges écartés, ils y trouvèrent Parthénius et l’en tirèrent, s’applaudissant de leur découverte et disant : Dieu a livré notre ennemi entre nos mains. Alors ils lui coupèrent les poings, lui crachèrent au visage ; et lui ayant lié les bras derrière le dos, ils le lapidèrent contre une colonne. Il avait été très vorace ; et, pour pouvoir plus promptement recommencer à manger, il prenait de l’aloès qui le faisait digérer très vite : il laissait échapper en public le bruit de ses entrailles sans aucun respect pour ceux qui étaient présents. Sa vie se termina de cette manière.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:41

   Ennode de Pavie ou Magnus Felix Ennodius a été évêque de Pavie en Italie, et légat à Constantinople au VI e siècle. Il est né en 474/475 dans une famille arlésienne des Anicii. Après la mort de ses parents, il vient vivre chez une tante paternelle en Ligurie.

Il entre ensuite dans le clergé de Pavie, puis de Milan, en 499/501, où il devient le conseiller de l'évêque Laurent. A ce titre, il participe aux conciles romains de 501 et 502 en tant que partisan du pape Symmaque.

   En 514, il devient lui-même évêque de Pavie. Le pape Hormisdas l'envoie comme légat à Constantinople en 515, puis en 517 pour défendre le point de vue romain sur le schisme d'Acacius. Il meurt en 521.

   Les œuvres d'Ennodius sont une source importante pour le début du VIe siècle. Elles sont souvent négligées à côté de ses contemporains Boèce ou Cassiodore. C'est un homme imprégné de culture classique, qui n'hésite pas (tout en s'excusant) à faire des références à la mythologie païenne.

Il est l'auteur :

  • d'un panégyrique du roi Théodoric et des évêques de Milan
  • des vitae d'Epiphane de Pavie et d'Antoine de Lérins
  • de poèmes mondains (Hymnes) et religieux
  • de discours destinés aux écoles de Milan
  • d'un pamphlet contre les adversaires de Symmaque
  • d'une correspondance où il décrit ses nombreuses relations personnelles dans l'aristocratie

 

La traduction des Lettres d’Ennodius que nous offrons au public, a pour unique objet delettre1 vulgariser des trésors historiques et littéraires, demeurés jusqu’ici presque inconnus.

Deux éditions récentes et les travaux qu’elles ont provoqués en France et à l’Etranger, ont tiré de l’oubli les œuvres de l’évêque de Pavie, mais il restait, pour le commun des lecteurs, une grosse difficulté: l’intelligence de sa langue. [...]

L’époque où nous vivons ne ressemble que trop à celle où écrivait Ennodius. Notre histoire sociale, c’est, à de nombreux points de vue, la reproduction de l’histoire sociale de la fin du Ve siècle. Comme au lendemain de l’invasion des Barbares, des ruines s’accumulent, des institutions séculaires disparaissent, les couches inférieures montent et s’emparent de la suprématie. N’y a-t-il pas pour l’observateur attentif un intérêt souverain à écouter les confidences de ces fiers Romains, devenus les fidèles sujets du Goth Théodoric ? [...]

Bordeaux,30 août 1904.

  Une correspondance à la fin du Ve siècle ; non point un recueil de lettres officielles, comme celles de Cassiodore, mais une correspondance intime, expression réelle de la vie journalière dans la haute aristocratie du monde romain d’Occident à cette époque, telle est l’œuvre dont nous donnons au public la traduction française.

Toutes les œuvres d’Ennodius, il est vrai, sont précieuses pour l’histoire de cette singulière époque où le vieux monde Romain, survivant à l’empire d’Occident écroulé sous la poussée des Barbares, était en gestation de peuples nouveaux.

 

  À découvrir en cliquant ici

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