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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:34

  La Hongrie défend ses vraies valeurs

 

  J’apporte un témoignage vécu sur l’origine de l’ostracisme politique dont la Hongrie est victime, ourdi par les technocrates de Bruxelles.

  Le vendredi 30 décembre dernier, dans l’après-midi, animant et dirigeant un nouveau voyage à Budapest pour une vingtaine de personnes, j’ai commenté une visite du Parlement. J’ai signaléque, le matin même, les députés, à une écrasante majorité, avaient voté d’une part l’abandon de l’expression « La République de Hongrie », remplacée par « La Hongrie » et, d’autre part, le retour à la référence aux valeurs chrétiennes de ce pays qui fut, entre autres, martyrisé par la terreur communiste comme on le sait.

  La splendide Couronne de Saint-Etienne, avec sa légendaire croix oblique, a été extraite du musée où la dictature soviétique l’avait remisée, une façon de dire après 1945 que la Hongrie d’avant Staline était morte. Aujourd’hui, cette Couronne – et les joyaux qui l’accompagnent –, est honorée au centre du Parlement hongrois, sous sa coupole principale. Une impressionnante garde (deux soldats impeccables) lui rend en permanence les honneurs, relevée toutes les deux heures au cours d’un cérémonial sans faille.

  Ainsi, la colère de Bruxelles a, entre autres, pour véritable cause la révolte hongroise contre le lavage de cerveau systématique dont les nations européennes sont victimes. La Hongrie est ainsi le premier pays à oser se souvenir, à revendiquer ses véritables et très anciennes origines, sa foi. Bruxelles veut nous imposer une Europe sans mémoire, sans passé, sans racines, sans âme. Même l’euro (que la Hongrie n’a pas adopté) ne porte sur ses billets aucune référence, fût-elle infime, à une gloire européenne ou à un monument historique prestigieux de notre continent. Et comme le gouvernement de M. Viktor Orban est de droite, il a tous les défauts ! La manifestation de soutien en sa faveur vient de prouver sa qualité de dirigeant non amnésique. Une réalité qui est partagée par le peuple hongrois.

J. des C.

 

 Jean des Cars est auteur, entre autres, de Sissi ou la Fatalité, (Perrin, traduit en hongrois). Dernier ouvrage paru : La saga des Windsor (Perrin). 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 07:52

C'est avec un peu de retard que nous rendons hommage à Montserrat Figueras qui s'est éteinte le 23 novembre 2011 à l’âge de 69 ans, emportée par un cancer. Montserrat Figueras Garcia était l’une des plus grandes voix de la musique ancienne et médiévale. La chanteuse lyrique soprano au timbre unique,  était née à Barcelone en 1942 dans une famille de mélomanes – son père jouait notamment du violoncelle -, Montserrat a appris le chant lyrique au côté de George Albareda, avant de rejoindre l’ensemble de musiquejordi-montserrat.jpg ancienne Ars Musicae. Sa rencontre avec le gambiste Jordi Savall sera décisive. Ils se marient en 1968, ont deux enfants, Arianna et Ferran Savall et une grande œuvre artistique à venir. En 1974, le couple fonde en compagnie de Lorenzo Alpert et Hopkinson Smith le groupe Hespèrion XX, avec lequel ils jouent dans le monde entier le répertoire musical hispanique d’avant 1800.

En France, c’est grâce au succès du long métrage «Tous les matins du monde» d’Alain Corneau, César du meilleur film en 1992, que la musique de Jordi Savall et la voix de Montserrat Figueras traversent les Pyrénées. Dans cette évocation de la vie du compositeur français du XVIIe siècle Marin Marais, adaptée du roman de Pascal Quignard, Gérard Depardieu donnait la réplique à Jean-Pierre Marielle, maître monsieur de Sainte Colombe, alors que Guillaume Depardieu jouait le rôle de Marin Marais, jeune.

Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres, ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, Montserrat a contribué avec Jordi Savall à faire découvrir le terreau musical commun des populations méditerranéennes grâce à une soixantaine d’enregistrements et à des concerts toujours nimbées de l’émotion des songes.

 

Ayant eu l'honneur de rencontrer à plusieurs reprises Montserrat Figueras, je tiens à témoigner de sa grande gentillesse, de sa simplicité, de sa discrétion et de l'humilité dont elle faisait toujours preuve, des qualités réservées aux gens intelligents.

Lutèce.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 01:27

Un calendrier celte à grande échelle a été découvert autour de la tombe royal de Magdalenenberg en Allemangne, près de Villingen Schwenningen, en Forêt Noire par des chercheurs du Römisch-Germanisches Zentralmuseum à Mainz. En réexaminant les plans des anciennes fouilles, ils ont constaté que l'ordre des tombes situées autour de la sépulture royale correspondait exactement aux constellations de l'hémisphère nord. Alors que le site de Stonehenge en Angleterre, est orienté vers le Soleil, le complexe funéraire de Magdalenenberg est organisé selon l'emplacement de la Lune. Les constructeurs ont positionné de longues rangées de poteaux en bois de manière à pouvoir se fixer sur les phases de la Lune qui ont lieu tous les 18,6 ans. L'emplacement des tombes de Magdalenenberg représente un type de constellation qui peut être visible entre le milieu de l’hiver et le milieu de l’été. À l’aide de programmes informatiques spéciaux, le professeur Allard Mees, chercheur au Römisch-Germanisches Zentralmuseum, a pu reconstituer la position des constellations au début de la période celte, en particulier celles visibles à la mi-été. Cette étude archéo-astronomique a permis d’établir la date de 618 av. J.C., ce qui en fait l’exemple le plus ancien et le plus complexe de calendrier celte basé sur les phases de la Lune. Or, dans sa Guerre des Gaules, Jules César fait allusion au calendrier lunaire des Celtes qui, après la conquête, fut totalement oublié en Europe occidentale et remplacé par le calendrier solaire romain. calendrier_stonehenge.jpg

Plan général du complexe funéraire hallstatien de Magdalenenberg avec la représentation des constellations.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:39

  Voilà un livre qui devrait faire du bruit. Un livre qui montre et démontre que le massacre de 117 000 Vendéens – hommes, femmes, enfants, vieillards – à partir de l’automne 1793,secher dans des conditions d’indicible horreur, n’est pas la conséquence d’un excès de zèle, de la folie sanguinaire de quelques-uns ou d’une sorte de « légitime défense » de la Révolution et de la République naissante. Non : ce crime, matrice de tous les génocides contemporains, a été pensé avant d’être perpétré, préparé avec minutie et réalisé sous le regard vigilant du Comité de Salut public. Celui-ci a donné des ordres précis ; il a pu suivre leur mise en œuvre grâce aux fréquentes remontées d’informations du terrain. Tout a été voulu ; tout a été décidé sans états d’âme. Les signatures de Robespierre, de Carnot, de Barère, de Billaud-Varenne et bien d’autres en attestent : ce fut une œuvre collective, conjointe, concertée.

  Signatures ? Mais oui. C’est une consultation fortuite aux Archives nationales qui a mis l’historien Reynald Secher sur le chemin de cette découverte majeure, qui accuse à tout jamais non plus des hommes mais un système qui prétendait instituer la liberté, l’égalité et la fraternité pour fabriquer un « homme nouveau ». Il a trouvé des petits bouts de papiers conservés avec zèle, mais sans grand ordre et sans explications, certains portant des signatures du Comité de Salut public, d’autres datés depuis l’Eure, la Mayenne, le Morbihan… Un mot y revient souvent. « Exterminez. » « Exterminez les brigands. » Exterminer la « race impure » des Vendéens qui menacent la République – affamés, malades, fuyant les Colonnes infernales, massés dans le plus grand « camp de concentration » de la Révolution – Nantes –, en déroute à Savenay, cherchant refuge au Mans.

  Depuis le Morbihan, la commission administrative acquiesce, ni plus, ni moins : « Il faut que la France soit république, ou qu’elle soit un vaste cimetière. »

  La découverte va bouleverser Reynald Secher. Patiemment, il photographie chacun de ces petits papiers, autant de preuves irréfutables de la volonté génocidaire, froide, calculatrice et légale qui a conduit à des massacres atroces et des destructions systématiques. Au sud de la Loire, soucieux d’exécuter les ordres de stopper toute velléité de poursuite du soulèvement vendéen, le général Turreau est à l’œuvre et rend compte. C’est la Vendée qui est visée, toute la Vendée, au risque de tuer des « Bleus » – peu importe. Il n’y a plus de « bon » Vendéen, fût-il révolutionnaire. Lorsque plus tard, accusé d’avoir été au-delà de ce qui lui était ordonné, Turreau se défend en se défaussant sur les ordres de Paris et de ceux qui gouvernent, il ne se livre pas seulement à un exercice d’autojustification : il dit vrai. En affirmant que le Comité de Salut public lui a ordonné de tuer tous les Vendéens et de procéder à la destruction de la Vendée, il parle le langage même des « petits papiers » qui ont mis en place la mécanique du génocide. Cela est désormais certain.

  Au nord de la Loire, les choses sont prises en main depuis Paris. Il faut empêcher la « contagion » – peur qui en dit long sur la manière dont les révolutionnaires se perçoivent, et perçoivent la manière dont le bonheur qu’ils promettent est redouté et combattu par les braves gens.Rocheserviere-vitraux.jpg

  Au Comité de Salut public, pour régler l’affaire du Mans, on a poussé le cynisme jusqu’à retenir les forces révolutionnaires pour qu’elles aient le temps de se rassembler, de se masser, de frapper un grand coup, un seul mais définitif. De jour en jour les billets se suivent et se ressemblent : le Comité suit les opérations depuis Paris, organise le ravitaillement, accueille avec la plus grande satisfaction les rapports victorieux de ceux qui se vantent d’avoir massacré femmes et enfants, cette « vermine »

coupable.

  La récente découverte de charniers de Vendéens au Mans atteste de la violence de cette phase de l’extermination et de son caractère aveugle puisqu’elle frappe femmes, enfants, vieillards… C’était prévu.

  La lecture de ces billets, entre emphase et froideur administrative, soulève le cœur. J’ai vu toutes ces photos. Un lourd classeur qui, page à page, déroule un panorama de haine et d’absence totale d’humanité en vue d’organiser le massacre de Français par d’autres Français. Mais il fallait aller au-delà de ces sentiments de dégoût et de révolte. C’est que qu’a fait Reynald Secher en répertoriant, en classant, en retranscrivant ces « petits bouts de papier » jusqu’ici inédits pour changer à jamais le regard sur le génocide vendéen, que nul, désormais, ne saurait nier sans s’en avouer d’une façon ou d’une autre complice.

Il en a tiré une œuvre véritablement universitaire qui relève autant de la réflexion et de l’analyse que du puzzle reconstitué – car tout cela s’inscrit dans l’histoire connue et la confirme, à commencer par le décret-loi de la Convention du 1er octobre 1793 ordonnant « l’extermination des brigands de la Vendée ».

  Les choses sont claires : il ne s’agissait pas seulement d’une figure de style pour viser fin-1793.jpgceux qui s’étaient armés contre la conscription et contre la République, mais d’une réalité sanglante dont les plaies n’ont jamais pu se refermer…

  Rien que pour cela, il faut lire le livre de Reynald Secher.

  Il dégage en effet – et cela avait été son premier objectif avant qu’il ne s’enrichisse des découvertes décrites plus haut – une notion souvent inséparable des génocides contemporains, le mémoricide. A savoir, quand les génocidés sont aussi des vaincus, l’éradication de leur mémoire : elle devient invisible parce que les bourreaux n’en veulent pas, nient toute culpabilité voire justifient leur action. Comme les historiens robespierristes qui tiennent le haut du pavé, et qui mentent effrontément, depuis Jules Michelet ; comme tous ces politiques qui n’envisagent pas de laisser dire la vérité parce qu’elle met directement en cause ce qu’ils représentent, ce à quoi ils s’accrochent.

C’est pourquoi, en annonçant que ce livre allait faire du bruit, j’ai peut-être parlé un peu vite. L’occultation fait partie de ce mémoricide, elle est efficace, elle est omniprésente. Elle l’était dès l’origine puisque le geste chrétien et héroïque de Bonchamps blessé à mort qui demanda « grâce pour les prisonniers », grâce pour les milliers de Bleus, fut immédiatement tabou du côté des républicains. Les prisonniers n’étaient pas peu coupables de s’être laissé libérer par les Blancs !

  Le mémoricide va plus loin, comme on l’a vu aussi en Arménie, et dans bien des pays communistes. Il brouille les pistes, met bourreaux et victimes sur le même plan – et rend même ces dernières « coupables » des atrocités qu’elles ont subies. Tout est de leur faute, ils n’avaient qu’à ne pas être là ! Une deuxième postface signée Hélène Piralian analyse cette deuxième mise à mort en profondeur.

  Et l’important cahier iconographique en apporte la preuve ; des places Carnot, il y en a jusqu’en Vendée ; les rues Robespierre foisonnent, il y a un lycée à son nom à Arras (opportunément sis « avenue des Fusillés » !), il y a des lycées Carnot dans plusieurs villes de France. Les bourreaux ne sont pas honnis, ils sont honorés, donnés en exemple. Westermann qui, triomphant, eut le privilège de faire ainsi son rapport à Paris, a lui aussi ses rues et ses hommages républicains :

« Il n’y a plus de Vendée, Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins, pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Un chef des brigands, nommé Désigny, a été tué par un maréchal des logis. Mes hussards ont

tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs endroits ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. »

  Suivant les ordres que vous m’avez donnés…Là encore, il disait vrai. 

  Que signifie tout cela pour la France d’aujourd’hui ? Eh bien, un devoir de vérité, un devoir de reconnaissance, un devoir de justice envers une population qui a été génocidéevended1 par des hommes dont aujourd’hui nos hommes politiques se réclament ; plus de celui-ci ou de celui-là, peut-être, mais toujours de théoriciens de l’anéantissement qui ont inventé et donné les plans pour tous les massacres idéologiques des siècles suivants. Jusqu’à l’utilisation des gaz pour rationaliser la tuerie, jusqu’aux tanneries de peau humaine – à Angers, à Meaux – pour la rentabiliser.

  Nos hommes politiques se réclament de leurs slogans et de leurs principes, ils voient dans cette République qui s’est construite sur des « pyramides de cadavres » le ferment d’unité qui forge l’identité française aujourd’hui. Pourront-ils encore le faire sans récuser explicitement les abominations qu’on a commises en son nom ? Pourront-ils continuer d’ignorer l’avertissement de Soljenitsyne en Vendée – longuement citée – qui lumineusement, faisait le lien entre l’incohérence de la trilogie « liberté, égalité, fraternité » et les mots qui la chargeaient d’emblée de tous les dangers : « ou la mort… » Et qui montrait combien tous les génocides ont pris modèle sur ce qui se passa en Vendée.

  La question n’est plus de savoir si l’on parlera de ce livre. Il faut en faire parler.

 

Jeanne Smits, quotidien Présent du samedi 8 octobre 2011

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 01:20

Pour l'avenir de nos enfants, petits enfants, neveux, nièces, voisins, voisines.... pour l'avenir de la France :

ARRÊTONS DE PLEURER, DE PARLER...

AGISSONS !

 

 

Remarquable document de réinformation sur l'école, à diffuser partout sur la toile et à vos correspondants !

http://www.soseducation.com/greve27septembre/

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 16:36

L'histoire des mondes non européens a toujours figuré dans les programmes scolaires, cependant, elle n'était pas enseignée aux dépens de l'histoire de France. De plus, cette nécessaire ouverture ne se faisait qu'à partir du moment où les fondamentaux de notre histoire étaient acquis par les élèves. Aujourd'hui, il en va tout autrement avec la réforme Darcos qui prépare le délitement de l'imaginaire historique national, ce précieux socle auquel les Français sont encore arrimés.

 

Les ravages commencent désormais dès la classe de 5° qui a subi des amputations insensées et même proprement « ubuesques » de son programme d'histoire. Or, ces amputations ont été rendues nécessaires afin de dégager autant de plages horaires destinées à l'étude des civilisations non européennes, qu'elles soient africaines, asiatiques ou autres. Pour ce qui concerne l'Afrique, seront ainsi étudiés plusieurs royaumes avec un point central, celui du Mali. Pour leur « faire de la place », Louis XIV a donc été relégué en toute fin de programme et il ne sera donc « survolé » que si le Monomotapa (!!!) a été vu. De même que les crédits de l'armée constituent la variable d'ajustement des déficits de l'État, l'histoire de France devient quant à elle la variable d'ajustement des apprentis sorciers du ministère de l'Éducation nationale.

 

Toute éducation supposant l'acquisition de fondamentaux et de connaissances de base sans lesquelles il est impossible ou vain de vouloir aller plus loin, il est donc insensé de vouloir faire apprendre l'histoire du Mali à des enfants qui ne savent pas si Napoléon a vécu avant ou après Louis XIV…. Les « docteurs Folamour » du pédagogisme ne l'ignorent pas. Ils en sont même parfaitement conscients, mais ce sont d'abord des militants dont le but est de casser tous les enracinements européens considérés par eux comme susceptibles de déclencher des réactions identitaires.

Ne nous cachons pas derrière notre pouce et disons les choses clairement : le premier but de cette aberrante réforme de l'enseignement de l'histoire est de toucher le public de ces établissements mosaïques dans lesquels 30 à 40% d'élèves possédant moins de 350 mots de vocabulaire, ne sachant ni lire, ni écrire, ni même raisonner et encore moins comparer, pourrissent littéralement l'apprentissage de classes entières. Les assassins de notre mémoire espèrent, grâce à cette réforme, capter l'attention de ces auditoires « difficiles » et avant tout peu intéressés par l'histoire de France, en leur proposant une histoire sur mesure, une histoire à la carte, une histoire ethno sectorielle en quelque sorte.

 

Les élèves d'origine mandé-malinké de Tremblay en France seront peut-être attentifs à l'histoire de l'empire du Mali qui fut constitué par leurs ancêtres, mais il risque de ne pas en être de même avec les petits soninké de Garges les Gonesse, héritiers, eux, du royaume de Ghana qui fut détruit par les premiers…. De plus, comment vont réagir les rejetons des nombreux autres peuples africains ? N'y a-t-il pas une forme de discrimination à leur égard ? En effet, pourquoi privilégier le Mali ou le Ghana et passer sous silence l'empire Luba et le royaume zulu ?

 

Un autre but de ce programme qui fait naturellement de continuelles références à la traite des esclaves vue comme une sorte de fil conducteur de la matière, est de tenter de faire croire aux élèves que l'histoire du monde est d'abord celle de la confrontation entre les méchants, lire les Européens, et les bons, lire les autres. L'ethno culpabilité est décidément sans limites !

 

De plus, et là est peut-être le plus important, l'histoire de l'Afrique a son propre temps long qui n'est pas celui de l'Europe. Elle s'appréhende avec une méthodologie particulière impliquant une maîtrise de la critique des sources orales, une connaissance approfondie de l'anthropologie, de l'archéologie, de la linguistique, etc., Or, les professeurs qui vont devoir enseigner cette histoire à leurs jeunes élèves n'ont pas été formés pour cela.

Un exemple : la connaissance que nous avons de Philippe le Bel repose sur des dizaines de milliers d'études, de thèses, de documents d'archives, de mémoires, de correspondances, de traités etc. Son contemporain, Abu Bakr II empereur du Mali (+- 1310-1312), dont l'existence n'est même pas certaine, n'est connu que par des traditions orales tronquées, des sources arabes de seconde ou même de troisième main et par une chronologie totalement erronée établie par Maurice Delafosse en 1912. L'histoire de son bref règne, s'il a véritablement eu lieu, est pourtant largement enseignée en Afrique où ce souverain est présenté comme une sorte d'explorateur conquistador parti à la tête de 2000 ou même 3000 pirogues pour découvrir les Amériques.  

 

Les professeurs des classes de 5° qui vont devoir parler du Mali, cœur du nouveau programme, devront évidemment étudier cet empereur. Or, sont-ils formés pour expliquer à leurs élèves que l'histoire scientifique ne se construit pas sur des légendes ? De plus, le seul fait, dans un cours, de consacrer le même temps d'étude à un personnage historique attesté d'une part, et à un autre, largement légendaire d'autre part, conduira automatiquement les élèves à prendre le virtuel pour la réalité, ce qu'ils sont déjà largement enclins à faire avec les jeux électroniques.   

 

Mais allons encore au-delà et abordons l'essence même de la question. Face à ces élèves « en difficulté» (traduction en langage politiquement incorrect : enfants dont la langue maternelle n'est pas le français), les enseignants oseront-ils, sans risquer un hourvari, expliquer qu'un tel voyage n'a jamais eu lieu ?  En effet, si tout est faux dans cette légende c'est parce que les Africains de l'Ouest -à la différence de ceux de l'Est-, ne pouvaient affronter la haute mer car ils ignoraient l'usage de la voile ainsi que celui de la rame et parce que leurs pirogues étaient sans quille. 

Les mêmes enseignants sont-ils armés pour faire comprendre à leurs classes que pour atteindre l'Amérique, les hommes d'Abu Bakr II auraient été contraints de pagayer durant plus de mille kilomètres à travers l'océan atlantique avant de rencontrer enfin le courant des Canaries, seul susceptible de leur permettre de dériver ensuite vers l'Ouest… et cela sur 6000 km ? Enfin, seront-ils en mesure de mettre en évidence l'incohérence majeure de cette légende que certains considèrent comme une histoire vraie, à travers un exemple clair : comment l'expédition de l'empereur malien aurait-elle pu atteindre l'Amérique alors que les Africains ignoraient l'existence de l'archipel du Cap-Vert situé à 500 km « à peine » de la péninsule du Cap-Vert, point le plus occidental du littoral ouest africain contrôlé par l'Empire du Mali et qui leur barrait la voie du grand large ? En effet, cet archipel était vierge et vide d'habitants en 1450,  au moment de sa découverte par le Génois Antonio Noli qui était au service du Portugal...

L'enseignement de l'histoire africaine ne s'improvise pas !

 

Hier la méthode d'apprentissage de la lecture dite « globale » fabriqua des générations d'illettrés et de dyslexiques; la réforme des programmes d'histoire donnera quant à elle naissance à des générations de zombies incapables de rattacher des évènements ou des personnages à une chronologie et ayant pour toute culture historique celle du volapük mondialisé.

 

Bernard Lugan

23/09/2011

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 03:05

   La tombe de saint Philippe, un des Apôtres, aurait été découverte à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans le sud-ouest de la Turquie. Les journaux, qui ont reproduit paresseusement la dépêche de l’AFP, nous parlent de Pamukkale comme d’une ville touristique connue surtout pour ses eaux thermales et ses sources d’eau chaude qui ontmedia l 4300443 formé, par le carbonate de calcium, des terrasses blanches.

  Mais Pamukkale ce n’est pas seulement ce « château de coton », il est vrai impressionnant. Ce sont aussi les vestiges nombreux de l’antique Hiérapolis. La ville fut fondée au IIe siècle avant Jésus-Christ, par un roi de Pergame, puis reconstruite par les Romains après un tremblement de terre en l’an 60 de notre ère.

  C’est là où l’on rejoint l’apôtre Philippe. Les Italiens mènent des fouilles sur l’antique Hiérapolis depuis 1957. Aujourd’hui la mission archéologique se poursuit, composée de chercheurs venus de différents pays. Cette équipe internationale est dirigée par Francesco D’Andria, professeur à l’université de Salento.

  En 2008, les archéologues avaient retrouvé l’itinéraire que les pèlerins parcouraient en procession pour rejoindre le lieu de sépulture de l’apôtre. Les découvertes faites il y a un mois sont plus importantes.

  Le professeur d’Andria a précisé à L’Osservatore Romano : « Près du martyrium (édifice de culte octogonal construit sur le lieu où fut martyrisé saint Philippe), nous avons trouvé une basilique du Ve siècle à trois nefs. Cette église a été construite autour d’une tombe romaine du Ier siècle qui, de toute évidence, était tenue en grande considération. Il s’agit d’une tombe non pas à fosse mais à sacellum [petite enceinte], avec un fronton et une chambre funéraire ».

  Cette tombe n’a pas encore été ouverte. Lorsqu’elle le sera, elle apportera sans doute des lumières nouvelles sur l’Apôtre.

   De Bethsaïde à Hiérapolis

  Les quatre Evangiles sont unanimes à citer Philippe parmi les 12 Apôtres. Saint Jean nous dit qu’il était originaire de Bethsaïde (sur les bords du lac de Tibériade). C’est sur les bords de ce lac qu’a lieu le miracle de la multiplication des pains. Alors qu’une foule nombreuse l’entoure, Jésus met Philippe à l’épreuve : « Comment achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ? » Et Philippe, pragmatique, répond : « Deux cents deniers de pains ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un petit peu ». Jésus rassasiera cette foule d’« environ 5 000 hommes » en distribuant de la nourriture à tous, à partir de « cinq pains d’orge et deux menus poissons » qu’avait un jeune garçon.

  Saint Jean nous décrit aussi Philippe comme un impatient, qui réclame un signe sensible. Il dit à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Ce qui lui vaut une réponse où Jésus introduit au mystère de son Père : « Depuis si longtemps je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment toi, peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que moi, je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que moi je vous dis, ce n’est pas de moi-même que je les dis ; c’est le Père demeurant en moi qui fait ses œuvres. Croyez m’en : moi, je suis dans le Père et le Père est en moi ; sinon, croyez à cause des œuvres mêmes ».

  Après la mort de Jésus, la Résurrection et la Pentecôte, Philippe est parti évangéliser la Grèce et l’Asie mineure. L’historien Eusèbe de Césarée nous dit que Philippe avait des enfants et qu’il a marié certaines de ses filles, mais aussi que quatre d’entre elles sont restées vierges et avaient le charisme de prophétie. Le même historien nous dit que Philippe et ces quatre filles sont enterrés à Hiérapolis.

  La découverte récente de la tombe de l’Apôtre vient donc confirmer la tradition. L’ouverture de son tombeau devrait permettre de donner une réponse définitive à une question qui divise les historiens depuis l’Antiquité : Philippe est-il mort en martyr ou pas ? Le type de l’édifice mortuaire retrouvé à Pamukkale semble déjà donner une réponse.

Yves Chiron

 

Quotidien Présent du samedi 20 août 2011

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