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Vendredi 29 mars 5 29 /03 /Mars 08:00

Ces mosaïques, qui comptent de vastes intégrations modernes, formaient le pavement de deux 261.jpg exèdres dans les bibliothèques des Thermes de Caracalla. Elles sont divisées en panneaux rectangulaires ou carrés : les figures entières et les bustes représentent des boxeurs et des lutteurs, dont les cheveux sont souvent rassemblés dans le cirrus, la queue dans la nuque typique des athlètes professionnels ; les bras des athlètes sont revêtus des cestes (protection en cuir et tissu, dotée de pièces métalliques). La musculature vigoureuse des corps et les traits puissants des visages sont rendus grâce à la polychromie des tesselles. On distingue également sur cette264.jpg mosaïque les juges de la compétition qui sont visibles parmi d'autres personnages puisqu'ils portent une toge. Bien que la construction des Thermes puisse être située au début du IIIe siècle apr. J.-C., certains chercheurs proposent ici une datation contemporaine d'une restauration qui toucha tout l'ensemble des thermes au début du IVe siècle apr. J.-C. 265.jpg

Par Lutèce - Publié dans : Rome - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 28 mars 4 28 /03 /Mars 18:38

TACITE, Histoires, IV, 13-15


La révolte de Civilis - Le début du conflit


4,13] XIII.  Julius Paulus et Claudius Civilis, issus d'un sang royal, surpassaient en illustration
tous les autres Bataves. Paulus, accusé faussement de révolte, fut tué par Fontéius Capito.
Civilis fut chargé de chaînes et envoyé à Néron ; absous par Galba, il courut un nouveau
danger sous Vitellius, dont l'armée demandait sa mort. Telle fut la cause de ses
ressentiments : son espoir vint de nos malheurs. Civilis, plus rusé que le commun des
barbares, et qui se comparait aux Annibal et aux Sertorius, parce qu'il portait au visage la
même cicatrice, ne voulut pas attirer sur lui les forces romaines par une rébellion déclarée. Il feignit d'être ami de Vespasien et de prendre parti dans nos querelles. Il est vrai qu'Antonius Primus lui avait écrit de détourner par une fausse alarme les secours que
mandait Vitellius, et de retenir nos légions en les menaçant des Germains. Hordéonius
Flaccus lui avait donné de vive voix le même avis, par inclination pour Vespasien et par
intérêt pour la république, dont la ruine était inévitable si la guerre se renouvelait, et que
tant de milliers d'hommes armés inondassent l'Italie.


4,14] XIV.  Quand sa révolte fut décidée, Civilis, tout en cachant des vues plus profondes, et résolu d'accommoder ses plans à la fortune, commença de la sorte à remuer l'ordre établi. Vitellius avait ordonné des levées parmi les Bataves. Cette charge, déjà pesante en elle-même, était aggravée par l'avarice et la débauche des agents du pouvoir ; ils enrôlaient des vieillards et des infirmes, pour en tirer une rançon et les renvoyer. Dans ce pays les enfants sont généralement de haute taille ; ils enlevaient les plus beaux pour d'infâmes plaisirs. Les esprits se soulevèrent, et des hommes apostés pour souffler la révolte persuadèrent au peuple de se refuser aux levées. Civilis, sous prétexte de donner un festin, réunit dans un bois sacré les principaux de la nation et les plus audacieux de la multitude. Quand la nuit et la joie eurent échauffé les imaginations, il commença par célébrer la gloire de la patrie ; puis il énumère les injustices, les enlèvements, et tous les maux de la servitude. "Ce n'est plus comme autrefois en alliés qu'on les traite, mais en esclaves. Quand le général, avec sa suite écrasante et ses durs commandements, daigne-t-il même les visiter ? On les abandonne à des préfets, à des centurions, qu'on change quand ils sont rassasiés de leur sang et de leurs dépouilles ; et alors il faut de nouvelles proies ; le brigandage recommence sous mille noms divers. Voici venir maintenant le recrutement, qui arrache, comme par une dernière séparation, les enfants à leurs parents, les frères à leurs frères. Cependant la puissance romaine ne fut jamais plus abattue ; les camps ne renferment que du butin et des vieillards. Que les Bataves lèvent seulement les yeux et ne tremblent pas au vain nom de légions
imaginaires ; ils sont forts en infanterie, forts en cavalerie ; les Germains sont leurs frères ; les Gaules partagent leurs voeux Rome même verra cette guerre sans déplaisir. Si la fortune  balance, l'intérêt de Vespasien sera leur excuse ; pour la victoire, elle ne doit de compte à personne."

 

4,15] XV.  Après ce discours, qui fut reçu avec enthousiasme, Civilis lia tous les convives par les imprécations en usage parmi ces barbares. Il envoya vers les Canninéfates pour les
associer à l'entreprise. Cette nation habite une partie de l'île : origine, langue, valeur, elle a tout des Bataves, excepté le nombre. Il gagna ensuite par des émissaires secrets les
auxiliaires de Bretagne, ces cohortes bataves que nous avons vues partir pour la Germanie,
et qui alors se trouvaient à Mayence. Il y avait chez les Canninéfates un homme appelé Brinnon, d'une audace brutale, d'une naissance éclatante. Son père, plus d'une fois rebelle,
avait impunément bravé les ridicules expéditions de Caïus. Le nom d'une famille signalée
par la révolte fut un titre pour Brinnon : placé sur un bouclier, suivant l'usage du pays, et
balancé sur les épaules de ses compagnons, il est proclamé chef ; aussitôt il appelle à son
aide les Frisons, nation transrhénane, et se jette sur un camp de deux cohortes voisin de
l'Océan et le plus à portée de son invasion. Les soldats n'avaient pas prévu cette attaque ; et, l'eussent-ils prévue, ils n'étaient pas en force pour la repousser. Le camp fut pris et pillé ; l'ennemi tombe ensuite sur les vivandiers et les marchands romains, épars çà et là dans toute la sécurité de la paix. Il menaçait de détruire tous nos postes ; les préfets de cohortes y mirent le feu, ne pouvant les défendre. Les drapeaux, les étendards, et tout ce qu'il y avait de troupes, furent réunis dans la partie supérieure de l'île, sous le commandement du primipilaire Aquilins : assemblage qui avait plutôt le nom que la force d'une armée. Vitellius avait enlevé l'élite et le nerf des cohortes, et, ramassant dans les bourgades voisines une foule confuse de Nerviens et de Germains, il avait chargé d'armes ces simulacres de soldats.

 

Traduction française J. L. Burnouf (1859)

 

 

La Conspiration de Julius Civilis : le tableau géant de Rembrandt

259.jpg Rembrandt a peint sur le thème de la conspiration de Civilis son plus grand tableau (500 x 500 à l’origine) : “La Conspiration de Claudius Civilis”, aujourd’hui présenté au Nationalmuseum de Stockholm (Suède).

 

L’œuvre est une commande des magistrats municipaux d’Amsterdam. Initialement (1659) prévue pour un cycle de douze peintures tirées de la Bible, de l’histoire romaine (Horatius Coclès) et illustrant la révolte batave, cette commande échut à Govert Teuniszoon Flinck (1615-1660). La série était destinée à orner le nouvel Hôtel de Ville, achevé en 1655 (aujourd’hui « Paleis op de Dam », le Palais Royal). Le décès de Flinck avant l’achèvement de la série fit passer la commande à un groupe de peintres, dont Jacob Jordaens (1593 – 1678) (overrompeling der romeinen et vrede tusschen civilis en cerealis), Jan Lievens (1607- 1674) (Brinio op het schild geheven), dont les œuvres sont toujours en place, et Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669), chargé de réaliser l’illustration, d’après Tacite, de la conjuration des bataves (Historiae, IV, 14).

Pour situer l’action, Rembrandt a renoncé au bois sacré, lieu de la conspiration selon Tacite (Historiae, IV, 14). Une esquisse ou copie de l’œuvre dans son état original semble montrer qu’il a inscrit la scène dans une architecture monumentale de portiques, investie cependant d’une valeur sacrée. Les Bataves prêtent serments sur leurs épées. Ce détail, parmi d’autres, peut être lu comme une référence directe à des textes antiques, tout en s’écartant du corpus tacitéen. Le decorum n’appartient pas à la panoplie antiquisante empruntée à la sculpture antique devenue habituelle à la fin du XVIIe. Les costumes sont neutres, ou même teintés d’une nuance biblique et orientale. La scène est dominée par la figure écrasante d’un Civilis d’une taille surhumaine, à la fois borgne et royal, porteur d’une tiare ou d’une couronne. L’ensemble a quelque chose d’une cène plus que de la ripaille décrite par Tacite : la coupe, identifiable à un objet liturgique, une patère, la table porteuse de la lumière. Pour les calvinistes, la cène et son calice ne sont pas le miracle de la transubstantiation, mais un rite d’alliance (lat. foedus, néerl. bont/verbont , ang. covenant) renvoyant au XVIIe siècle à un vocabulaire politique. Il est parfois avancé que la composition de Rembrandt reprend la Disputa de Raphael, représentant les Pères de l’Eglise.

 

Source : Insula, le blog de la bibliothèque des sciences de l'Antiquité (Lille 3) [article en intégralité ici]

Par Lutèce - Publié dans : Ier siècle - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mercredi 30 janvier 3 30 /01 /Jan 19:20

Sur Canal Académie, Christophe Dickes reçoit l'historien Jacques Heers s'entretenir sur le thème : 27 novembre 1095, l’appel de Clermont : Urbain II lance la croisade

 

Par Lutèce - Publié dans : XIè siècle - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mercredi 30 janvier 3 30 /01 /Jan 17:52

Le 10 janvier dernier, l’historien Jacques Heers  est décédé à Angers. Il nous a laissé heers_jacques.jpg une œuvre tout à fait considérable.

Né en 1924 Jacques Heers était issu, comme c’était fréquemment le cas à l’époque pour certains de nos universitaires les plus brillants, d’une famille de petits commerçants. Il était le fruit de cette école publique dont on sait ce qu’ont été ses performances. Initialement, comme c’est souvent le cas, il s’était destiné à la carrière d’instituteur ; puis une licence d’histoire a suivi, puis l’agrégation, puis un doctorat consacré à Gênes ou XVe siècle sous la direction de Fernand Braudel ; il fut ensuite assistant de Georges Duby à Aix-en-Provence, puis professeur de faculté à Alger jusqu’à la fin de l’Algérie française243.jpg en 1962. On le retrouvera professeur à Caen, puis à Nanterre, puis enfin à la Sorbonne où il finira directeur des études médiévales.

Il avait entamé ses recherches sous l’auspice de l’Ecole des Annales, qui privilégiait l’histoire économique et sociale, la longue durée, qui se défiait « de l’événement », mais avec le temps il avait clairement prit ses distances avec cette vision des choses et il avait redécouvert la voie d’une histoire beaucoup plus complète.

Jacques Heers a laissé un certain nombre d’ouvrages qui ont marqué des générations d’étudiants, comme son Précis d’histoire du Moyen Âge, aux Presses Universitaires de France, L’Occident aux XIV et XV siècles, aspects économiques et sociaux, dans la244.jpg prestigieuse collection Nouvelle Clio des PUF, ensuite il s’est intéressé à l’histoire des villes, à la vie urbaine au Moyen Âge, notamment dans l’espace de la chrétienté méditerranéenne. Ces quinze dernières années, retraitées, il s’est intéressé aux croisades, avec un livre sur la première croisade, un autre livre sur la quatrième croisade et le sac de Constantinople. Il s'est orienter ensuite vers des biographies, en revenant vers ces XIVè et XVè siècles qui étaient sa spécialité de départ, notamment avec des biographies de Louis XI et de Jacques Coeur.

Mais au-delà de ces travaux ponctuels, Jacques Heers a posé la question des rapports entre la mémoire et l’Histoire, pour bien faire la part des choses entre l’une et l’autre, il a déconstruit les mensonges et les préjugés qui ont longtemps 245.jpg accompagné l’enseignement de notre discipline en France, il a notamment remis totalement en cause la vision faite d’idées reçues assez grossières concernant le Moyen Âge assimilé régulièrement à une époque obscurantiste alors que nous le savons, elle correspond à une période d’éveil de l’Occident européen appelé à une ascension continue jusqu’au tragique XXe siècle. Il a enfin donné il y a peu une Histoire des Guerres d’Italie, aux éditions Via Romana, tout à fait originale qui vaut par la nouveauté des perspectives retenues notamment dans la durée, puisqu’il fait commencer ces Guerres d’Italie concernant la France, à juste titre d’ailleurs, avec la politique et des Angevins dans le royaume de Naples.

Indépendamment de son œuvre historique, Jacques Heers, et c’est ce que nous retiendrons246.jpg aussi, fut un professeur courageux dans les conditions difficiles qui furent celles de la faculté de Nanterre à l’époque du grand carnaval soixante huitard, il a toujours témoigné d’une très grande indépendance d’esprit.

La recherche et l’université françaises ont perdu un historien de premier ordre.242

Par Lutèce - Publié dans : Informations/Tribune Libre - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 17 janvier 4 17 /01 /Jan 08:54

 

Par Lutèce - Publié dans : Cinéma / Vidéo - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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